C’est sans surprise que la ministre des Affaires étrangères du Rwanda a pris les rênes de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), pour 4 ans, ce vendredi, 12 octobre 2018.

C’est avec le soutien de la France, des pays membres de l’Union africaine et de nombreux autres pays que, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, est passé aux commandes de l’Organisation internationale de la francophonie, pour un mandat de 4ans. Elle a battu Michaelle Jean, qui n’a pas réussi à se faire réélire, non pas, pour avoir baissé les bras. Bien au contraire, la Canadienne s’est battu jusqu’au bout.

Mais, c’était sans compter sur Emmanuel Macron, président français qui,  cherche à rétablir la sphère d’influence de son pays en Afrique et dans son discours de jeudi 11, il a insisté sur le fait que l’avenir de la francophonie passe par l’Afrique. Quatrième secrétaire général de l’OIF, après, Boutros Boutros Ghali, Abdou Diouf et Michaelle Jean, Louise Mushikiwabo, 57 ans est la première africaine à occuper ce poste.

Cependant, sa proximité avec Paul Kagamé, suscite de nombreuses réticences chez bon nombre de hauts fonctionnaires de l’institution dont elle a pris la tête. « Jamais je n’ai été aussi inquiet sur l’avenir la francophonie », soupire l’un d’eux. Certes, comme le répète volontiers l’Elysée pour justifier son choix, « il s’agit d’élire une personne et non un pays ». Mais Louise Mushikiwabo, en portant depuis des années la politique extérieure rwandaise, est totalement identifiée à un régime défiant nombre des principes fondateurs de la francophonie.

L’on se souvient encore de sa prise de parole lors de la libération par anticipation, en août dernier, de 2 000 prisonniers politiques. « Toutes ces notions de démocratie et de droits humains, ce n’est pas toujours très clair et très précis ». L’on se demande bien, si depuis le temps, elle a changé son opinion ou, juste bien rodé son discours.