L’ONG Transparency International a publié le 21 février, son rapport 2017 sur  l’Indice de perception de la corruption à travers le monde. 

Le document, qui établit cette année le classement de 180 Etats,  met en avant les rapports qui existent entre les niveaux de corruption,  la défense des libertés de journalistes et  l’engagement de la société́ civile. L’indice publié par Transparency International, qui célèbre son 25ème anniversaire cette année, révèle des faits troublants. En effet, malgré des actions de lutte contre la corruption à travers le monde, la plupart des pays progressent trop lentement. 

On constate ainsi que nombreux sont ceux qui n’ont fait que peu ou pas de progrès au cours des six dernières années. Une analyse plus approfondie de l’indice met en avant un constat encore plus alarmant et montre que les pays dont les niveaux de protection des journalistes et des organisations non gouvernementales sont les plus faibles, sont aussi ceux où les taux de corruption sont les plus élevés. « Chaque semaine, un journaliste est tué dans un pays hautement corrompu… tous les journalistes tués depuis 2012 l’ont été dans des pays corrompus », a constaté Transparency International.

« Aucun activiste ou journaliste ne devrait craindre pour leur vie lorsqu’ils dénoncent la corruption. Vu les mesures de répression qui sont actuellement exercées partout dans le monde contre la société civile et les médias, nous devons faire plus pour protéger ceux qui s’expriment ouvertement », a déclaré Patricia Moreira, directrice de Transparency International ».

L'ONG a relevé que, cette année, l’Indice de perception de la corruption dans le monde (IPC) montre que plus des deux tiers des pays ont un score inférieur à la moyenne (50) ; le score moyen s’étant établi à 43. « Une tendance générale observée depuis quelques années dans l’ensemble des pays à l’exception de quelques-uns, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Royaume-Uni », précise le document.

Les régions les moins performantes sont l’Afrique subsaharienne (score moyen 32), l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (score moyen 34). 

Dans le classement mondial, la Nouvelle-Zélande et le Danemark continuent de se partager les premières loges, suivis de la Finlande, la Norvège et la Suisse qui ferme le top 5. Dans l’Union africaine, la palme d’or est décernée au Botswana (34e mondial) avec 61 au score. Suivent les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda et la Namibie. Au bas du classement, les deux Soudan et la Somalie sont, les pays les plus corrompus du monde en compagnie de la Syrie, de l’Afghanistan et du Yémen. La Somalie traine à la dernière place du classement mondial.

Comparées à l’édition précédente, les meilleures performances viennent de la Gambie qui gagne 16 places, la Tanzanie (+13) et du Bénin (+10). Le Maroc et le Lesotho ayant récupéré chacun 9 places, complètent le top 5 des meilleures percées par rapport à l’édition 2016. 

Le Gabon (-16), le Nigéria (-12) ainsi que le Ghana (-11) perdent, quant à eux, du terrain. Toutefois, avec 11 places cédées, le Ghana est logé à la 13e place du classement africain derrière la Tunisie. 

Transparency International a exhorté les gouvernements « qui se cachent derrière des lois restrictives à les révoquer immédiatement » et « à promouvoir une plus grande participation citoyenne ».