C’est ce que révèlent les services du Trésor français dans leur bulletin économique sur la sous-région publié le 15 décembre 2017. 

Selon cette note, le second semestre 2017 dans la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) a été marqué par le début de mise en œuvre des programmes du Fonds monétaire international dans quatre pays de la sous-région, dans la continuité de la résolution adoptée par les chefs d’État le 23 décembre 2016.

En outre, la mobilisation de la communauté des bailleurs de fonds a été forte. Les pays ont bénéficié de taux élevés d’accès aux programmes en comparaison de leurs homologues d’Afrique de l’Ouest, ainsi que d’aides budgétaires importantes de la part des principaux bailleurs (Banque mondiale, Union européenne, BAD, AFD). 

Des politiques budgétaires monétaires salutaires

La Banque des Etats de l’2frique centrale (BEAC) a mis en place une politique monétaire plus restrictive (hausse des taux, gel, puis apurement sur le long terme des avances aux États). Premier signe de satisfaction, ces interventions conjointes sont venues compléter les efforts d’ajustement déjà engagés et ont conduit à une relative stabilisation économique dans la zone.

Les déficits budgétaires et extérieurs se résorbent progressivement et la diminution des réserves de devises a été enrayée, grâce aux ajustements précités, aux décaissements du FMI et des bailleurs de fonds et à une politique de la BEAC plus contraignante en matière d’allocation de devises.

Le soutien du FMI

Plusieurs revues de programmes ont eu lieu entre octobre et novembre (Gabon, Cameroun, Tchad, RCA). Les premiers résultats sont encourageants : les pays respectent dans les grandes lignes les objectifs négociés avec le FMI.

Les programmes supposaient un accroissement des recettes non pétrolières. Les objectifs n’ont pas toujours été atteints, ou l’ont été au prix d’une pression fiscale accrue sur un nombre limité d’entreprises.

Pour respecter les objectifs de limitation des déficits, l’insuffisance des recettes a souvent conduit à des coupes franches dans les dépenses. Outre les dépenses d’investissement, les dépenses de transfert aux hôpitaux, universités et collectivités locales sont fortement affectées.

Des performances au cas par cas

Dans le cas du Tchad, l’ajustement est apparu non soutenable à long terme et un nouveau programme apportant plus de financements a été mis en place.

Des efforts de priorisation des investissements publics et de limitation, voire de suppression, des nouveaux financements non concessionnels ont été faits. Mais, des « coups partis » viennent grever la capacité d’endettement des pays : c’est le cas de dépenses de la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun.

L’incontournable spirale de la dette

L’endettement public pèse également sur les budgets des États : les niveaux extrêmement élevés du service de la dette (qui représente jusqu’à 40 % des dépenses publiques au Tchad) peuvent entraver durablement les efforts de relance. Pour le Tchad et le Congo, une renégociation d’une partie de la dette est indispensable.

Enfin la gestion de la trésorerie des États se heurte à des difficultés d’émissions de bons ou obligations : les banques affectées par la crise sont moins liquides et la pondération des risques État a été accrue, ce qui réduit leur appétit pour la souscription. Les taux montent en conséquence.

Les effets récessifs à court terme de ces politiques jouent toujours, et les prévisions de croissance ont été revues à la baisse dans la plupart des pays. Les exportations françaises à destination de l’Afrique centrale poursuivent leur baisse.

Par ailleurs, les bénéfices attendus des objectifs plus structurels (amélioration de la gouvernance financière, diversification de l’économie, etc.) mettrons du temps à se matérialiser.

L’importance des investissements étrangers dans l’agro-industrie retrouvée au Gabon et le lancement de nouvelles exploitations forestières dans un pays en crise, comme la RCA sont des signaux favorables.

Le financement français d’un milliard d’euros en faveur des PME africaines, tout récemment annoncé par le président de la République française, Emmanuel Macron, devrait contribuer à la dynamisation des secteurs productifs nationaux.