C’est le résultat d’une étude récemment publiée par la BAD portant sur la croissance et l’inflation en Afrique. 

Au terme d’un zoom sur chaque pays et par sous-région, la Banque africaine de développement (BAD) révèle qu’entre pression inflationniste, budgétaire et détérioration chronique des termes de l’échange, l’Afrique est passée par tous les états depuis fin 2014, relançant de ce fait la nécessité d’industrialiser les économies du continent.

En 2016, la chute des prix des matières premières, qui représentent 60% des revenus publics en Afrique, n’a pas été sans conséquences pour les économies du continent. Si certains pays, malgré leur forte dépendance vis-à-vis des matières premières, sont restés résilients, d’autres ont connu une atonie sans précédent depuis longtemps.

Le dernier rapport publié par la BAD sur les perspectives économiques en Afrique en octobre 2017, a servi de tremplin pour évaluer les grandes tendances, aussi bien à l’échelle sous régionale qu’au niveau de chaque Etat.

Selon ces chiffres, le taux de croissance de l’Afrique n’a cessé de baisser depuis 2014, s’écartant des 6,6% enregistrés en 2012. Cette dynamique effritée est corrélée négativement à la pression inflationniste, selon les observations de la Banque.

Dans le cas particulier de l’Afrique centrale, en 2016, la croissance s’est fortement grippée, passant de 3,1 % en 2015 à 0,4 % en 2016. Le Cameroun (+4,7%) est resté résilient malgré la baisse des revenus du pétrole.

Le Gabon, fortement dépendant du brut, s’en est tout de même sorti avec une progression modeste de 2,1%. Au Tchad, la taille de l’économie a diminué de plus de 6% dans la mesure où l’économie a été frappée par la réduction des dépenses et les problèmes de sécurité.

La République du Congo régresse de 2,5%, malgré la mise en exploitation des nouveaux gisements de pétrole. En Guinée équatoriale, l’économie a continué de décroître en 2016, en raison de la baisse de la production pétrolière et des cours du pétrole, ainsi que le ralentissement de l’investissement public.

La République démocratique du Congo, quant à elle, affiche une croissance de 2,4% et une inflation de 6,9%, le taux le plus élevé de la sous-région. La moyenne de cette zone communautaire en termes de hausse des prix à la consommation est de 2,4%.

En clair, comme les pays de l’UEMOA, la CEMAC a également bénéficié de la solidité de l’euro. Le taux d’inflation dans cette zone d’intégration est resté assez faible.