C’est ce qu’ont affirmé récemment les jeunes leaders de l’opposition qui ont par ailleurs invité le gouvernement gabonais à garantir l’emploie aux nationaux. 

La question de l’ouverture des frontières en zone CEMAC était au centre d’un déjeuner de presse organisé le 29 novembre 2017 par les jeunes leaders de l’opposition. Selon eux, si le sujet semble ne pas avoir un intérêt politique pour le plus grand nombre, à y regarder de près il en va de « notre économie, nos emplois, notre sécurité et aussi de notre développement ».

Dans son propos, le porte-parole, Jacques Chirac Medzo Ebare, a signalé que cette décision des chefs d’Etat de la sous-région était attendue pour faire avancer l’intégration sous régionale en Afrique. En effet, a-t-il relevé, la zone CEMAC accuse depuis ces vingt dernières années le plus grand retard en matière d’intégration économique comparée au dynamisme de la CEDEAO (Afrique de l’Ouest) et de la SADEC (Afrique australe).

Pour le cas du Gabon, les jeunes leaders de l’opposition affirment qu’avec la diversification progressive de son économie, c’est un grand marché sous régional qui va s’ouvrir pour le pays. Et qu’en actant cette ouverture des frontières, le gouvernement gabonais s’oblige lui-même à accélérer la diversification économique, le climat des affaires, la formation des compétences nationales dans divers secteurs.  « Nous cultivons le palmier à huile, l’hévéa ; fabriquons déjà les matériaux de construction dont le ciment, le fer ; à cela il faut ajouter la production du pétrole, d’électricité et d’eau », énumère-t-il.

Par ailleurs, rappelant que plusieurs pans économiques sont aux mains des non-nationaux, ils encouragent le gouvernement à légiférer l’investissement dans certains secteurs, parce que si l’emploi des Gabonais n’est pas garanti, à terme, cela posera un problème politique intérieur.

Toutefois, ils estiment que  le gouvernement gabonais ne doit pas regarder cette ouverture sous le seul angle économique. Celle-ci exige la maitrise des frontières en raison des considérations sécuritaires, notamment avec le phénomène grandissant du terrorisme Boko haram au Cameroun et au Tchad. « Il faut que les dispositifs CEMAC et internationaux en matières d’information, de contrôle douanier et policier au frontières soient rapidement réactivés. Pas seulement au Gabon, mais de tous les côtés des pays de la sous-région », préconisent-ils.