L’institution financière panafricaine suggère notamment d’améliorer la création d’emplois, d’augmenter la résilience aux chocs externes, et de renforcer non seulement la qualité des dépenses publiques pour la relance économique, mais aussi le processus d’intégration régionale.

Il reste encore beaucoup à faire pour libérer tout le potentiel économique des pays de la région de l’Afrique centrale. Et selon la Banque africaine de développement (BAD), les retombées négatives de la baisse des prix du pétrole sur les économies africaines soulignent la nécessité d’accélérer et d’approfondir les réformes structurelles afin de créer plus d’emplois pour les jeunes et de construire des économies plus résilientes.

Car malgré les mesures déjà prises et l’abondance des ressources naturelles, « le chômage et l’exclusion économique restent élevés », souligne l’institution qui atteste que le développement économique a été freiné par une diversification limitée et un secteur privé morose. Même si certains pays tentent de redistribuer la richesse pétrolière à travers un système d’avantages sociaux, notamment des emplois publics et des filets sociaux de sécurité. Reste qu’il existe encore plusieurs mesures pour promouvoir un développement économique plus rapide et plus inclusif.   

Améliorer la création d’emplois

Pour créer plus d’emplois et assurer une plus grande résilience, il faut selon la BAD, diversifier l’économie « en mettant fin à la forte dépendance à l’égard du pétrole et des autres matières premières, et en dégageant de l’espace pour un secteur privé dynamique ». Une étude de la Banque menée en 2012 sur le climat des affaires dans les pays d’Afrique centrale a en effet indiqué que ces pays n’avaient pas accordé suffisamment d’attention à la stimulation de la croissance des petites et moyennes entreprises (PME), les véritables moteurs de la croissance de l’emploi.

L’étude recommande précisément que les pays améliorent les cadres institutionnels et le climat des affaires (au-delà de la prise de mesures formelles pour améliorer leur classement Doing Business), qu’ils mettent en œuvre des mesures pour réduire les coûts des facteurs de production, adoptent une politique de change appropriée et développent des infrastructures de transport et des services publics.

En outre, pour réduire la pauvreté et les disparités de revenus dans la région, les pays doivent « envisager l’introduction d’une fiscalité plus progressive, l’amélioration de l’accès équitable à la terre et à ses produits, et le développement de programmes de protection sociale ciblés ». Des politiques sont également nécessaires pour « créer un environnement commercial favorable à l’investissement privé, en particulier l’IDE (Indice d’investissement direct étranger, Ndlr.) dans la région ». Mais souligne la BAD, cela passe par « l’amélioration de la sécurité et la focalisation sur les activités à valeur ajoutée qui tirent parti des vastes ressources agricoles et minérales de la région ».   

Renforcer l’intégration

La diversification en Afrique centrale pourrait être également renforcée en favorisant l’intégration économique régionale, notamment par une « mise en place accélérée de la zone de libre-échange de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac), initiée en 2004 ». L’impact économique de cette zone de libre-échange pourrait être important. Parce que, explique la Banque, « l’intégration économique offre des opportunités de croissance dans les secteurs productifs susceptibles de stimuler l’emploi et de favoriser une distribution plus équitable des richesses ».

Or d’après l’institution, ces opportunités sont encore plus grandes dans les pays producteurs de pétrole, « car les secteurs pétrolier et gazier ne nécessitent que très peu de main-d’œuvre ». Un exemple ? « En Guinée équatoriale et au Gabon explique l’institution, les secteurs externes ont réduit les ressources budgétaires et les recettes à l’exportation, exposant les pays au risque de détérioration des ratios d’endettement et d’augmentation des besoins d’emprunt ».

Dans le même temps, le stock d’infrastructures se détériore en raison du manque d’investissements dans la maintenance et de la sous-évaluation des services d’infrastructure résultant d’une mauvaise gestion publique. Toutefois, « de nouvelles options doivent être explorées pour financer et gérer les infrastructures de marché et les services publics », notamment « des partenariats public-privé (PPP), afin de créer des marges budgétaires et d’améliorer la qualité des services ».

Le rapport indique par ailleurs que les effets conjugués de la réduction des dépenses budgétaires et de l’augmentation des recettes publiques provenant des redevances et des taxes liées aux PPP pourraient permettre de consacrer une partie des budgets à l’investissement dans le renforcement du capital humain, et à une croissance plus forte et plus inclusive.

Du coup, pour attirer la participation du secteur privé dans le financement et la gestion des infrastructures et des services publics, il faudra « mettre en place une réforme institutionnelle et réglementaire » poursuivent les experts de la BAD qui soutient les pays d’Afrique centrale dans l’élaboration de dispositions nationales relatives aux PPP et du renforcement de leurs capacités nationales par le biais d’un centre régional de PPP. Elle offre également une assistance juridique pour les négociations de contrats via son mécanisme de soutien juridique.