Telles sont les nouvelles ambitions qui ont été déclinées par les deux institutions, au cours d'une audience accordée par le Secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale(CEEAC), Allam-Mi, au nouveau Directeur général en charge de l’Afrique centrale, Ousmane Dore, le 12 mars 2018.

Au regard de l’ensemble des dossiers qui figuraient à l’ordre du jour de l’audience que le Secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale(CEEAC), Ahmad Allam-Mi a accordée au nouveau Directeur général de la Banque africaine de développement(BAD) pour l’Afrique centrale, Ousmane Dore, il ressort que l’essentiel des échanges a porté sur la redynamisation et la densification de la coopération entre ces deux institutions respectives. 

Pendant une heure d’horloge, les deux interlocuteurs ont déroulé l’ensemble des axes de coopération qui concourent au renforcement du processus d’intégration régionale en Afrique centrale. Ils ont revisité les plus grands projets intégrateurs sélectionnés depuis des décennies, mais qui n’ont pas fait l’objet d’une réalisation ou  dont la mise en œuvre piétine.

Brandissant l’un des piliers de la politique de la BAD, à savoir « intégrer l’Afrique », Ousmane Dore a réaffirmé sa volonté de booster l’intégration régionale : « …l’intégration régionale reste ma préoccupation », a-t-il martelé, avant de promettre une visite dans les prochains jours consacrée  essentiellement à passer au peigne fin tous les projets (infrastructures, énergétiques, eau, environnement etc.)

Le Directeur général de la Banque africaine de développement(BAD) pour l’Afrique centrale s’est dit aussi très favorable à la diversification des économies de la région, surtout en ces moments où les prix du baril de pétrole subissent des revers avec des corollaires sur les économies des pays producteurs. Il a de ce fait cité l’agriculture, les échanges commerciaux et l’environnement comme source de revenus hors pétrole, saluant au passage l’ouverture des frontières au sein des six pays membres de la Cémac. « Nous réaffirmons notre volonté ferme d’appuyer la CEEAC, y compris sur les questions de paix et de sécurité et celles de la  gouvernance macro-économique », a-t-il conclut. 

Un engagement et une concordance de vues aussitôt relevés par Ahmad Allam-Mi qui lui aussi prône la diversification des économies des Etats membres, afin dit-il, de rendre la CEEAC plus efficace. Il a ensuite déclaré que le secrétariat général de la CEEAC s’attèle actuellement à des dossiers comme la Réforme institutionnelle en cours, la rationalisation de la Cémac et la CEEAC et les préparatifs de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC de juin prochain et bien d’autres. Le processus de réforme pourrait être bouclé en 2019 et celui de la rationalisation en 2023.

Au nombre des goulots d’étranglement qui freinent l’action de la CEEAC, le Secrétaire général a évoqué le non versement des cotisations par les Etats membres, la multi appartenance à plus d’une Communauté économique régionale et le problème de paiement des contreparties préalables à la réalisation de certains projets pour ne citer que ceux-là. 

Pour le Secrétaire général de la CEEAC, la bonne gestion des projets financés par la BAD passe par la mise en place d’une coordination générale des projets BAD avec un système d’évaluation et de suivi, puis un système de passation des marchés. Il a ensuite appelé la BAD à s’investir d’avantage dans la réalisation des projets qui tiennent la CEEAC à cœur, à savoir, les infrastructures, l’Energie, l’Eau, etc.

Emboitant le pas à Allam-Mi, Ousmane Dore a mis un accent sur les questions de paix et de sécurité et de gouvernance en insistant sur leur impact sur la mise en œuvre des projets de développement de la région d’Afrique Centrale. D’où, selon lui, la nécessité pour la BAD de contribuer à leur résolution. Au terme de cet entretien, Ousmane Dore a assuré son interlocuteur de sa volonté de  relancer les projets et programmes qui sommeillent ou piétinent.