C’est le montant des arriérés de dettes cumulées des Etats-membres vis-à-vis de cette institution.

Face à la presse, ce vendredi 13 octobre 2017, la Directrice générale de l’Institut africain d’informatique (IAI), Binta Fatouma Kalmé, a présenté les difficultés que traverse cette école supérieure sous-régionale d’informatique, créée pour la formation des étudiants de 11 pays africains. 

Cette école qui a fait les beaux jours des états africains dans le domaine des technologies à travers des offres de formations à la pointe de la technologie traverse depuis plusieurs années une crise sans fin.

Infrastructures vétustes, déficit financier, salaires des enseignants impayés, menaces d’exclusions des étudiants, activités en arrêt, la liste étant loin d’être exhaustive, constituent autant de problèmes qui obèrent le bon fonctionnement et qui visiblement, la conduisent à une mort programmée.

« L’école devait reprendre le 2 octobre. Malheureusement n’ayant pas fait les salaires je ne pouvais pas me permettre de demander aux enseignants de venir. Ce qui fait que nous attendons toujours les états qui vont payer pour pouvoir reprendre les activités » a confié la directrice, Binta Fatouma Kalmé aux journalistes. 

Au cours de cet échange, elle a par ailleurs précisé que la dette des Etats- membres s’élève aujourd’hui à plus de deux milliards de FCFA, exception faite du Benin et du Burkina Faso, seuls pays à jour, de leurs cotisations. 

Binta Fatouma Kalmé a par ailleurs assuré que le pays siège, à savoir le Gabon qui totalise près d’une centaine d’étudiants sur les 500 inscrits, contribue en permanence à travers une subvention, la prise en charge de l’eau et l’électricité, la communication (en cours) et la mairie de Libreville qui a pris en charge les travaux de voiries au sein de l’établissement.

A la recherche de solutions visant à remettre sur pied l’établissement, le manager entend utiliser tous les moyens pour inciter ces Etats à réagir. En effet, si Binta Fatouma Kalmé a assuré que chaque pays a sa dette, elle a par ailleurs précisé qu’IAI ne vit pas de la contribution des Etats, mais des frais de scolarité.

Aussi en l’absence du paiement de ces frais, elle s’est dite être dans l’obligation  d’exclure les étudiants ressortissant des Etats qui ne sont pas à jour et ce, à compter de ce 16 octobre. 

« Avant tout, je suis une mère, je me dis non les autorités en sont pas au courant de ce qui se passe particulièrement le siège(…) mais, si entre temps ces Etats parvenaient à réagir en temps opportun, je pense qu’on peut repartir sur de nouvelles bases », s’est-elle exprimée. 

Pour rappel, L'Institut africain d'informatique est une école inter-Etat basée à Libreville au Gabon a été créé en janvier 1971 à Ndjamena, la capitale du Tchad. Elle a pour vocation de former des ingénieurs informaticiens, des maitres ingénieurs (MIAGE), des analystes-programmeurs...

L’IAI a également pour ambitions de mettre à la disposition des États membres, un centre de formation d’excellence des cadres dans les TIC et conforme aux normes internationales. Il se veut aussi un centre d’expertise et de prestations en soutien aux administrations et aux entreprises avec pour mission d’assurer : la veille technologique et la vulgarisation des solutions découlant des innovations technologiques, la diffusion de connaissances scientifiques ou techniques par le grand public.

Ses Etats-membres sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire, la république du Congo, le Gabon, le Niger, le Sénégal, le Tchad, le Togo.