La délégation gabonaise conduite par le ministre d’Etat, en charge des Affaires étrangères, Régis Immongault, est arrivée ce 1er décembre 2018 à Katowice, avec pour objectif et devoir, de défendre la position du pays et maintenir le leadership du président de la République, Ali Bongo Ondimba dans la lutte contre les changements climatiques.

Dans la même journée, le membre du gouvernement gabonais‏ a eu une séance de travail avec une partie de la délégation gabonaise, pour faire le point des agendas de cette 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP24), ainsi que sur la préparation technique des dossiers. En effet, durant la durée de cette COP 24 qui se tiendra du 2 au 14 décembre 2018 à Katowice, en Pologne, la délégation gabonaise prendra part à la plupart des tables rondes et des présentations seront faites au pavillon Gabon.

Les enjeux de la COP24

Selon les observateurs avertis, la COP24 qui s'ouvre ce dimanche se tient dans un contexte défavorable pour le climat. Alors que les événements climatiques extrêmes se multiplient, le rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) paru le 28 novembre prévoit une augmentation de la température de 3°C d’ici la fin du siècle.

A Katowice, les quelque 200 Etats participants devront discuter de la mise en œuvre des engagements pris lors de l’Accord de Paris, en 2015. Des plans d’actions précis et contraignants doivent être négociés. Les pays signataires sont également appelés à définir des financements " climat" qui incluent l’assistance internationale aux victimes des changements climatiques.

La délicate question du financement

 Le financement des mesures sera au centre des discussions à Katowice, d’autant que la COP22 et la COP23 n’ont pas permis de réelles avancées sur cette question. Les pays en développement veulent s’assurer que les flux financiers qu’ils perçoivent pour transformer progressivement les modes de développement, croissent de façon compatible avec l’objectif que se sont fixés ces pays à Copenhague, à savoir, de mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

D'après une étude de l'ONG Oxfam, publiée en mai dernier, moins de la moitié de ces fonds ont été débloqués. « Les pays développés doivent fournir les financements pour l'action climatique dans les pays en voie de développement. On avait promis 100 milliards de dollars par an vers 2020. Jusque-là, on a eu peu. Même si l'Afrique fait un effort à 200%, ça ne va changer grand-chose. Ça veut dire que les pays, qui émettent depuis 150 ans et continuent à le faire, devaient changer leur mode de vie », remarque Augustin Ndjiamnsh, président de l'Alliance panafricaine pour la justice climatique.

Sur le continent africain, ce retard scandalise ONG et organisations de la société civile. « Chaque année, l'Afrique subit sécheresses et inondations record. Ces financements ne sont pas une faveur qu'accordent les pays du Nord aux pays africains. C'est simplement de leur responsabilité. Et la manière dont ces négociations avancent ne nous plaît pas car c'est vraiment lent », s'indigne Augustin Ndjiamnshi.

Destination des fonds

Autre point épineux : la destination de ces fonds. Les pays du Nord favorisent le financement de projets de réduction d'émissions polluantes alors que les pays africains demandent de l'aide pour s'adapter au changement climatique. « C'est de la mauvaise foi, déplore Nicaise Moulombi de l'ONG gabonaise Croissance et environnement. L'Afrique émet moins de 4 % du total mondial des gaz à effet de serre, mais elle subit de plein fouet le réchauffement climatique. »

Cette COP24 doit enfin marquer l’aboutissement du « dialogue de Talanoa », un processus initié par les îles Fidji à la COP23, qui vise à faire avancer la discussion politique. Les chefs d'Etat et de gouvernement invités lundi pourront donner un premier signe de leurs intentions. Mais peu d'entre eux ont confirmé leur venue à ce sommet d'une journée.