C’est ce que révèle le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) dans une nouvelle édition de son classement mondial des pays par Indice de développement humain (IDH). 

Dans ce classement, le Gabon malgré une chute d’une place par rapport à l’an dernier, est le seul Etat au sud du Sahara et premier en Afrique centrale, avec le Botswana et Maurice, (1er rang subsaharien et au 65e mondial), à appartenir au groupe des pays dont le niveau de développement humain est considéré comme élevé.

Contrairement au dernier classement qui prenait en compte les données de 2016, le pays occupe cette année, le 110e rang mondial, avec un indice de 0.702 sur 1. Dans cette performance, le Gabon observe une espérance de vie à la naissance de 66.5, avec 12.8, comme nombre d’années de scolarité prévues; un revenu national brut (RNB) par tête de 16,431 ; un RNB par habitant moins IDH, -40.

Si aucun grand changement n’est à remarquer dans le nouveau classement par rapport aux pays d’Afrique, le document révèle néanmoins que le paysage africain en matière de développement humain reste fortement contrasté, au vu des progrès affichés par certains Etats et des régressions ou stagnations affichées par d’autres.

Selon la nouvelle mise à jour du classement, les Seychelles (62ème rang mondial) restent en tête des pays africains ayant le meilleur IDH, tandis que le Niger, en bon mauvais élève de la classe, maintient sa dernière place dans le classement, tant au niveau continental que mondial. Le pays, qui possède le plus haut taux de fécondité au monde (7,2 enfants par femmes) peine à améliorer son classement, dans un contexte marqué par les catastrophes humanitaires qu’exacerbent les violences commises par les groupes extrémistes, comme Boko-Haram.

D’un autre côté, pendant que le Botswana (101ème rang mondial et 5ème africain) se classe parmi les pays ayant gravi le plus de places depuis le début de la décennie (grâce notamment aux nouvelles estimations de l’espérance de vie à la naissance), l'île Maurice, l’Algérie et la Libye ont enregistré une chute dans le classement.

Au total, aucun pays africain n’a encore réussi à se hisser dans la catégorie des pays ayant un niveau « très élevé » de développement humain, tandis que 7 pays du continent se classent parmi les pays ayant un taux d’IDH « élevé ». 14 pays du continent restent dans la catégorie des pays ayant un « niveau moyen » de développement humain, tandis que plus de la moitié des pays du continent (32) restent dans la catégorie des pays affichant un taux « faible » en matière d’IDH.

Pour rappel, le classement de l’IDH évalue le niveau de développement humain des pays (189 au total), en se basant sur plusieurs données impliquant, entre autres, le niveau d’éducation de la population, la santé et le revenu. Notons que, pour cette mise à jour, seule la Somalie n'a pas été prise en compte par les experts, parmi les pays africains.

L’IDH, publié depuis 1990, est une mesure composite de la richesse matérielle, à travers le revenu brut par habitant, l’espérance de vie à la naissance et l’accès à l’éducation, appréhendé notamment à travers le taux moyen de scolarisation. Il a été complété en 2011 par une mesure des inégalités qui permet de prendre en compte la distribution inégale des richesses.

« Les chiffres que nous publions depuis vingt-huit ans montrent que des progrès sont possibles, même s’ils sont inégaux », s’est réjoui l’économiste du PNUD Selim Jahan, en commentant l’évolution enregistrée au cours des trois dernières décennies dans les différentes régions du monde. L’Afrique subsaharienne a été celle où les progrès les plus rapides ont été observés au cours des années 2000, avant le ralentissement provoqué par la crise financière et la chute des cours des matières premières.