Après le lancement officiel de la phase de commercialisation des résidences Les Bougainvilliers construites dans la banlieue nord de Libreville, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a organisé des journées portes ouvertes pour permettre aux populations et potentiels acquéreurs de visiter les appartements. Le Directeur du développement territorial, des projets immobiliers et des financements de la Caisse des dépôts et consignations, revient dans cet entretien qu’il nous a accordé sur le projet, mais surtout les modalités d’acquisition et donne quelques perspectives envisagées par l’entreprise en termes de construction de logements dans le pays. 

Est-ce que vous pouvez nous présenter sommairement le projet dont il est question ? 

Il s’agit d’un projet typiquement de la Caisse des dépôts et consignations, construit par sa filiale Avorba investissements en collaboration avec un partenaire marocain leader de la construction au Maroc.

Il s’agit ici d’un complexe résidentiel, qui offre une certaine sécurité. Il est construit sur 3 hectares. Nous y avons construits 15 immeubles de 220 appartements, dont 165 de deux chambres et 55 appartements de trois chambres.

Le complexe est d’un certain niveau de standing et s’adresse donc à une certaine tranche de la population. Mais, ce n’est pas pour dire que la CDC a mis en marge la population dans sa globalité. Mais, nous tenons à préciser qu’il s’agit d’un projet pilote et à ce titre l’engouement et l’intérêt qu’il suscitera va permettre à ce que la CDC propose une offre plus globale et plus intégrée à l’ensemble des couches de la population gabonaise.

On sait que le coût préoccupe les potentiels acquéreurs. Dites-nous en un peu plus pour qu’on sache comment être propriétaire d’un de ces appartements…

Il faut dire qu’à l’origine, lorsque le projet est terminé, il a représenté un certain investissement. Les coûts d’acquisition et de location-vente de base ont été indexés à cet investissement. Mais, le président de la République, dans sa vision, a invité la CDC à faire en sorte que la structuration financière soit revue, de sorte que les coûts soient abaissés pour permettre à un plus grand nombre de personnes d’être propriétaires.

C’est suite à ces instructions du président Ali Bongo Ondimba que la Caisse des dépôts et consignations a ramené les coûts de la location entre 350 000 FCFA et 550 000 FCFA. Les appartements de deux chambres varient entre 350 000 et 420 000 FCFA, et ceux de trois chambres de 480 000 à 550 000 FCFA.

L’avantage ici c’est que, devenir locataire aux Bougainvilliers signifie que vous devenez propriétaire. Et les modes d’acquisition ont également été assouplis dans ce sens que nous avons rallongé la durée de la location-vente : elle est désormais fixée à 15 ans. Cette flexibilité a été accordée aux Gabonais suite aux instructions des plus hautes autorités.

Globalement, combien vaut un appartement de deux chambres et un autre de trois chambres ?

De manière globale, un appartement de deux chambres revient à 63 millions FCFA en acquisition. Et un appartement de trois chambres est cédé au maximum à 90 millions FCFA dans les mêmes conditions d’acquisition.

Nous avons tenu compte de plusieurs paramètres pour fixer ces prix-là. Il y a l’environnement économique actuel, par exemple. Certes, les appartements sont d’un certain niveau, mais il fallait tenir compte de cet aspect. Il a aussi fallu tenir compte de l’aspect lié à la possibilité d’avoir un acquéreur en face.

Vous avez évoqué un cadre qui offre toutes les commodités de la vie courante comme les services sociaux de base, etc. Où en est-on avec ce volet ?

Nous avons mis un accent particulier sur la réalisation de toutes ces commodités. En ce moment, nous avons une société partenaire qui est en train de terminer les forages pour que les occupants de ces immeubles soient alimentés en eau de manière permanente et autonome, dans la mesure où dans cette zone, nous sommes en bout de chaine du réseau de distribution de la SEEG, qui ne peut pas faire un effort supplémentaire en l’état actuel des choses. Raison pour laquelle l’administrateur directeur général de la CDC a consenti un investissement supplémentaire pour construire ces deux forages qui auront la capacité d’alimenter 24h sur 24 tous les 220 appartements avec une eau traitée aux normes.

Au niveau de la sécurité, nous avons un système de lampadaires qui va faire en sorte qu’il soit entièrement éclairé. Et dans un avenir très proche, la CDC va consentir un effort supplémentaire pour construire autour des bâtiments des box qui serviront à des activités commerciales tenues par de jeunes gabonais. Ces activités ciblées vont concourir au caractère agréable de la vie au sein du complexe. Nous avons déjà pensé à des activités telles que des boulangeries, des pressings. Il est prévu un centre médical aussi, une garderie pour enfants, et de nombreuses autres commodités.

Le complexe est livré avec des aires ludiques. Nous avons déjà contacté le promoteur qui travaille avec nous depuis un moment et qui va dans les prochains jours installer des aires ludiques afin de rendre la vie dans cette cité davantage agréable.

De manière concrète, quels sont les critères de sélection pour être admis à occuper ces bâtiments et être locataire-propriétaire ?

Il y a quelques jours, vous avez assisté à la conférence de presse de lancement officiel de la commercialisation de ces bâtiments par l’administrateur directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. Aujourd’hui, nous sommes dans la continuité de ce lancement, mais de manière concrète.

Il s’agit de recevoir les futurs acquéreurs et recueillir leurs renseignements généraux. Quand ils arrivent, ils s’inscrivent et on leur donne une fiche où ils fournissent des éléments pour compléter leurs dossiers. Ces fiches vont être étudiées. Et quelques jours après, ils seront contactés individuellement pour se rendre à un endroit qui sera indiqué pour remplir les formulaires définitifs.

Il est important de relever que la CDC a voulu faire les choses de manière très correcte suite aux instructions des hautes autorités. Et à ce titre, il y a un notaire qui va être missionné pour accompagner les futurs acquéreurs dans la gestion même du dossier jusqu’à la remises des clés. Ce n’est pas un métier propre à la CDC, donc nous avons externalisé cette mission pour que les choses se fassent de manière légale, correcte, et qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Les futurs acquéreurs, dont les dossiers vont être retenus, seront orientés vers le notaire qui procèdera à la signature des actes, à la réception des apports et à la remise des clés.

Comme documents à produire il y a bien entendu ceux qui retracent l’état civil, ceux qui sont plus justificatifs de la possibilité d’acquisition par le demandeur (niveau des revenus, bulletin de salaire, extraits de comptes, caution, etc.). Ensuite la condition sine qua non est bien entendu le versement d’un apport qui correspond à six mois du loyer choisi. A partir de ce moment, quand ces conditions sont réunies, les dossiers sont mis à l’étude et nous espérons qu’au plus tard le 31 janvier 2018, toutes les personnes qui seront retenues vont occuper leurs logements. Puisque, à 90%, les logements sont accessibles, prêts et habitables.

Pour finir, ici nous avons des appartements haut-standing. A quand des habitations pour le Gabonais moyen, le Gabonais lambda qui n’a pas un niveau de revenus très élevé ?

A cette question, vous vous imaginer bien que la CDC a une nouvelle vision qui a été impulsée par son nouvel administrateur directeur général. A ce titre, nous en tant que directeur en charge de ce projet, avons été instruit, au regard des acquisitions des réserves foncières que nous avons déjà, d’étudier des projets qui s’adresseront cette fois-ci à une plus grande masse de la population gabonaise. Ce sont des projets qui vont s’orienter vers des revenus qui partiraient au minimum du SMIG. 

C’est faisable et réalisable. Nous sommes en contact avec plusieurs partenaires, ça se fait chez eux, ça devrait se faire aussi chez nous. Je peux vous garantir que dans les tout-prochains moments qui seront à définir par la hiérarchie, le public sera informé que la CDC a lancé une nouvelle opération immobilière adressée cette fois-là à une plus large population gabonaise.