L’administrateur général de la Zone économique spéciale de Nkok revient sur les opportunités qu’offre ce pool gabonais d’industrialisation, et livre les perspectives qu’elle entrevoit dans l’avenir. 

Est-ce que vous pouvez, une fois de plus, nous présenter la Zone économique spécial de Nkok ? 

La Zone économique spécial de Nkok est un projet vaste qui s’inscrit dans le Programme stratégique Gabon émergent (PSGE) et vise essentiellement l’industrialisation et la diversification de l’économie gabonaise. Il s’agit d’offrir un cadre attractif aux investisseurs potentiels de tous ordres pour pouvoir développer leurs activités sur place, à moindres coûts au niveau du Gabon. 

Quelles sont les différentes filières qui sont déjà en activité sur le site ? 

Actuellement, sur 1 126 hectares, soit la superficie globale de la zone, nous avons une sous-zone industrielle qui occupe 560 hectares dans sa première phase. Elle est déjà opérationnelle à 70%. Nous avons plusieurs secteurs. Il y a le secteur bois, notamment la première transformation avec le sciage, le démoulage. En deuxième transformation, on a le contre-plaqué, et enfin, on a la fabrication des meubles en troisième transformation. 

A côté du secteur bois, nous avons la métallurgie, avec des entreprises qui font dans la fabrication du fer à béton, des lingots d’aluminium. Nous avons dans la même zone des entreprises dans le domaine agro-industriel qui font dans la production de poulets de chair. Il y a également la chimie, ainsi que le domaine pharmaceutique avec des entreprises qui produisent des médicaments génériques. 

Sur le plan économique, pour un investisseur, quels sont les avantages qu’offre cette zone ? 

Il y a deux grandes catégories d’atouts. Il y a d’abord son positionnement stratégique. Nkok est relié à une zone portuaire, en l’occurrence le nouveau port d’Owendo qui vient d’être récemment livré. La zone de Nkok est reliée à ce port par voie ferrée, par route et par voie fluviale. Ainsi, très rapidement, la production peut être acheminée vers ce port.

La zone de Nkok est autonome en électricité et en eau. Nous avons une centrale électrique qui produit 70 mégawatts, ce qui permet de couvrir largement les besoins des industries, ceci à un coût relativement bas de 0,07 euro le kilowatt [45 FCFA le kilowatt, NDLR]. Nous produisons également 6 millions de litres d’eau qui peuvent être utilisés de manière journalière. Nous avons également la fibre optique dans la zone. Nous sommes parfaitement connectés. 

Et à côté de ces avantages infrastructurels, il y a toute une batterie de mesures incitatives à l’investissement qui a été mise en place pour attirer davantage les investisseurs. On a le guichet unique composé de 17 administrations publiques comme les impôts, la douane, l’environnement, la santé, l’immigration, le travail, etc. L’idée c’est d’avoir une administration proche de l’entreprise pour lui éviter des tracasseries en allant beaucoup plus loin vers la ville. 

En plus de ce guichet unique, on a des avantages fiscalo-douaniers que la zone offre. Les entreprises qui s’installent ici ont, par exemple, 25 ans d’exonération de TVA, 10 ans d’exonération de droits de douane et 10 ans d’exonération sur l’impôt sur les sociétés. Les entreprises ont 0% d’impôts sur le dividende…C’est vraiment la base d’un branchmark international.

Le Gabon est entré dans une dynamique de diversification de son économie. Quels avantages pour une rencontre comme la mission multisectorielle organisée par le Club Afrique développement qui vient de se tenir à Libreville ? 

Je tiens d’abord à remercier le Club Afrique développement pour cette initiative d’organiser une rencontre comme celle-là au Gabon. Cela nous permet de montrer à l’international tous les efforts qui sont mis en œuvre par le gouvernement pour développer dans le pays un cadre attractif aux opérateurs économiques qui souhaiteraient venir investir au Gabon et contribuer à la diversification de notre économie. 

Quels sont actuellement les défis de la zone économique de Nkok ? 

Les défis sont majeurs. Aujourd’hui, en termes de zone économique, nous occupons la première place en zone CEMAC. C’est en effet le projet le plus avancé dans la sous-région. C’est déjà un grand effort puisque l’idée avait été initiée par le président de la République en 2010, les travaux ont démarré en 2011. En 2013, nous étions à 6 entreprises installées, et aujourd’hui, à l’heure où je vous parle nous avons 73 entreprises installées et en activités. 

Donc, sur le plan de l’attractivité, beaucoup d’efforts ont été faits. Il s’agit maintenant de mettre en place une coordination beaucoup plus agréable pour les opérateurs économiques. Il y a surtout la formation du capital humain, avec la création de centres de formation sur la zone en partenariat avec la Banque mondiale et le groupe AVI, pour rendre la zone encore plus attractive en termes de ressources humaines.