Le 5 décembre 2017, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une résolution proposée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la pêche durable, déclarant ainsi le 5 juin Journée internationale de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). 

Selon, le chargé des pêches et de l’aquaculture au Bureau sous régional de la FAO pour l’Afrique centrale, Lionel kinadjian, la première Journée internationale de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) a ainsi été célébrée pour la première fois le 5 juin 2018. Elle a constitué une importante occasion de souligner les efforts importants déployés à l'échelle mondiale, régionale et nationale pour lutter contre la pêche illégale.

Le fléau de la pêche INN un enjeu planétaire

Pour M. kinadjian, La pêche Illégale, non déclarée non réglementée reste de nos jours l’une des plus grandes menaces pour les écosystèmes. Des estimations indiquent que la valeur annuelle globale de la pêche illégale et non déclarée non réglementée varie entre 10 et 23,5 milliards de dollars des Etats Unis. Cela représente entre un sixième et un tiers des captures mondiales déclarées, soit entre 11 et 26 million de tonnes de poissons par an. Les pertes dues à cette pêche frauduleuse dans les eaux de l'Afrique subsaharienne sont estimées, elles, entre 1 et 1,5 milliards de dollars des Etats Unis par an, soit près d'un quart du total des exportations annuelles de poissons de l'Afrique.

Il ajoute par ailleurs que les effets de cette pêche sont néfastes, en particulier pour les pays côtiers et les petits États insulaires en développement fortement tributaires des pêcheries. Ces effets affectent négativement les économies nationales, les moyens de subsistance des populations, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que l'environnement.

Les actions de la FAO pour lutter contre la pêche INN en Afrique centrale et au Gabon en particulier

Pour lutter contre le fléau de la Pêche INN la FAO a développé plusieurs instruments juridiques internationaux, tels que le Code de Conduite pour une Pêche Responsable (1995) ; le Plan d’Action International visant à prévenir, à contrecarrer et à l’imiter la pêche Illicite, Non Déclarée, Non Réglementée (2001). 

Parmi ces instrument l’Accord FAO, 2009 relatif aux Mesures du Ressort de l’Etat du Port (AMREP) visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN a pour but d’empêcher les navires se livrant à des activités de pêche INN d’utiliser les ports et de débarquer leurs prises, en dissuadant ainsi les navires de continuer à opérer et en bloquant l’accès aux produits issus de la pêche INN aux marchés nationaux et internationaux.  Cet Accord international contraignant est entré en vigueur le 5 juin 2016 avec l’adhésion de 25 Etats.

Le Gabon fut le premier Pays africain à adhérer à cet accord le 15 novembre 2013. L'Union Européenne et 50 autres pays ont déposé des instruments d'adhésion pour devenir Parties de cet Accord, et l'engagement politique pour freiner le fléau de la pêche frauduleuse est en hausse constante. En Afrique Centrale, Sao Tomé et Principe a déposé son instrument d’adhésion à l’AMREP le 22 Novembre 2016, et la Guinée Equatoriale est en passe de compléter, très prochainement, son processus d’adhésion.

Au Gabon, la FAO a appuyé le renforcement des capacités institutionnelles de l’Agence Nationale des Pêches et de l’Aquaculture (ANPA) pour lutter contre les pêche INN, à travers le diagnostic approfondi du système de Suivi Contrôle et Surveillance des Pêches, le développement d’un Plan d’actions et d’investissement pluriannuel de la Direction du Suivi Contrôle et Surveillance de pêches de l’ANPA, ainsi que d’un plan de développement pluriannuel du Centre de Surveillance des Pêches qui abrite l’Unité de Surveillance Satellitaire des Navires de pêche. 

Une Stratégie nationale assortie d’un plan d’action qui identifie les besoins prioritaires pour le renforcement des cadres politiques, réglementaires et opérationnelles a également été élaboré pour la mise en conformité avec l’Accord relatif aux mesures du Ressort de l’Etat du port et d’autres instruments internationaux auxquels le Gabon a adhéré. La mobilisation des ressources par la FAO pour répondre aux priorités identifiées dans ce plan d’action sont actuellement en cours.