Plusieurs changements ont été introduits dans la loi de Finances 2018 pour permettre au gouvernement d’améliorer sa capacité de mobilisation des ressources tout en maîtrisant ses dépenses. 

Finie l’époque où l’Etat gabonais adoptait des budgets à l’aveuglette, et se retrouvait en difficulté quand il fallait faire face à certaines conjonctures. C’est du moins ce que promet le ministre d’Etat, ministre du Budget et des comptes publics depuis que la loi de Finances 2018 a été adoptée au Parlement. En effet, Jean Fidèle Otandault a expliqué, le 28 décembre 2017, que plusieurs innovations ont été apportées dans la nouvelle. 

Au compte de ces nouveautés, le ministre du Budget annonce donc que dans la loi de Finances 2018, les produits d’affectation spécifique ont été isolés et il a été créé la ligne budgétaire dénommée « Attribution des produits ». Cela signifie tout simplement que les attributions de produits seront désormais retracées de manière claire. « Avant, lorsqu’on présentait nos ressources, c’était de manière brute. Mais, on ne retraçait pas en dépenses ces affectations. Or il y a des entités étatiques qui bénéficiaient de ristournes. Cela créait un déséquilibre car on engageait des dépenses et la ressource disponible n’était pas celle prévue dans le budget », soutient Jean Fidèle Otandault. 

Il explique que désormais, l’Etat gabonais saura avec exactitude le montant des ressources disponibles et prendra en conséquence les décisions pour « vivre » avec ces ressources disponibles. Reste qu’il devra juger s’il y a lieu de continuer ou non à appliquer ces affectations, étant entendu qu’elles ont été mises en place par des textes datant de 10 ans et plus. 

Autre innovation citée par Jean Fidèle Otandault : c’est le fait que le budget actuel a été déterminé sur la base de projections transparentes, ce qui le rend davantage fiable. « Nous travaillons désormais avec des partenaires tels que le FMI pour élaborer notre loi de Finances, contrairement à ce qui se passait il y a plusieurs années. Il y aura donc plus de surveillance et plus de rigueur dans son exécution », souligne l’argentier de l’Etat gabonais. Et pour cause, le travail avec les partenaires est minutieux, des revues sont effectuées tous les trois mois et le gouvernement produit des reporting pour continuer à bénéficier de leur appui. 

Le ministre du Budget et des comptes publics pense également que, pour avoir mis en exergue les dépenses de l’Etat, celles-ci seront mieux maîtrisées. « Nous faisons face à un problème lié aux dépenses en personnel et aux charges de la dette », indique Jean Fidèle Otandault. La masse salariale est globalement à 710 milliards FCFA (le même montant que l’an dernier) pour 105 000 fonctionnaires environ, un chiffre qui inquiète les autorités gabonaises puisqu’il n’était que de 354 milliards FCFA il y a cinq ans. Raison pour laquelle des décisions devront être prises, en l’occurrence un véritable toilettage du fichier solde et une refonte du système organique.

Quatrièmement, le gouvernement a décidé de réactiver le Fonds de développement provincial chargé de financer des projets communautaires pour impulser le développement local. Ce fonds est une instruction du président de la République donnée il y a quelques temps. Normalement, il devait doter chacune des neuf provinces d’une enveloppe de 5 milliards FCFA, mais au regard des contingences économiques, il n’a été mobilisé que 2 milliards FCFA par province. Dans la loi de Finances 2018, avec la réactivation de ce Fonds, on a prévu 2 milliards FCFA supplémentaires par province, ce qui porte l’enveloppe global à 36 milliards FCFA.