Au terme des délibérations du Conseil d’administration portant sur le bouclage de la première revue de l’accord conclu avec le Gabon, au titre du mécanisme élargi de crédit, le 21 décembre 2017, le Fonds monétaire international (FMI) a appelé les autorités gabonaises à une plus grande rigueur dans la gestion de la crise économique. 

Dans cette nouvelle approche, l’institution de Brettons Woods appelle le gouvernement à en finir avec des mesures cosmétiques et à engager des mesures structurelles fiables en vue de relancer la  machine économique. Ce changement de ton traduit plus que jamais, la déliquescence de la situation économique que traverse le pays, malgré le léger optimisme qui semble prévaloir dans certains milieux politico-économiques.

L’institution de Brettons Woods s’appuie dans son analyse sur un certain nombre d’indicateurs macroéconomiques. Selon elle, bien que les résultats obtenus par le Gabon dans le cadre du programme aient été globalement satisfaisants, la situation économique demeure délicate, certains signes laissent même entrevoir un retournement de la tendance descendante.

Optimisme prudent

En clair, indique le fonds, en 2017, la production pétrolière sera vraisemblablement inférieure aux prévisions, d’où une légère révision à la baisse du taux de croissance, de 1 % à 0,8 %. Cependant, l’activité dans les autres secteurs de l’économie se stabilise. La croissance devrait connaître un rebond en 2018 grâce au redressement des cours du pétrole, à la vigueur des autres matières premières et au renforcement de la confiance du secteur privé.

Pour une sortie progressive de la zone rouge, le FMI a prescrit une thérapie dite de « choc » basée sur cinq principaux axes : l’assainissement budgétaire, le renforcement de la gestion des finances publiques, la poursuite de la diversification de l’économie et le strict respect des critères de convergence de la zone CEMAC.

Assainissement budgétaire

Selon le FMI, l’assainissement budgétaire devrait appuyer l’ajustement extérieur et contribuer à maîtriser l’endettement public. Dans ce cadre, indique le fonds, « il est nécessaire de réduire davantage le déficit pour placer la dette sur une trajectoire résolument descendante et pour commencer à épargner une partie des recettes pétrolières du pays afin de renforcer la résilience face aux chocs ».

Des marges de manœuvre plus amples permettraient en outre d’atténuer les considérables risques qui pèsent à court terme sur le plan de redressement économique du Gabon, dont ceux liés à la volatilité des recettes pétrolières, précise-t-il.

Élargissement de l’assiette fiscale

Dans ce cadre, souligne le FMI, « les autorités devraient s’employer à mobiliser les recettes non pétrolières, qui ont chuté à des niveaux historiquement bas. Le repli s’explique certes en partie par les retombées négatives du choc pétrolier et des mouvements de grève des agents des impôts, mais les autorités ont besoin d’accélérer les réformes pour réduire le recours excessif aux exonérations fiscales ad hoc, et corriger les faiblesses de l’administration fiscalo-douanière».

Renforcement de la gestion des finances publiques

L’autre antidote que prescrit le Fmi au Gabon est le renforcement de la gestion des finances publiques. En effet, la politique du gouvernement en la matière devrait porter sur le renforcement de la gestion de trésorerie à court terme et la prévision des liquidités, en particulier pour éviter toute nouvelle accumulation d’arriérés qui risqueraient d’ébranler la confiance dans la reprise économique.

En outre, des réformes devraient être menées pour améliorer le suivi des dépenses liées aux programmes sociaux essentiels, afin de veiller à ce que le poids du rééquilibrage budgétaire ne repose pas de manière disproportionnée sur les couches de populations les plus vulnérables.

Poursuite de la diversification de l’économie

Selon le FMI, il faudra un secteur financier capable d’accompagner ce processus. Des mesures énergiques doivent être prises pour mener à terme la résolution des trois banques publiques en difficulté, tout en réduisant dans toute la mesure du possible les coûts budgétaires.

Les autorités devraient par ailleurs communiquer clairement leur intention d’apurer de manière graduelle les arriérés intérieurs, ce qui contribuera à inverser la progression des créances improductives et favorisera la croissance du crédit au secteur privé. Les autres mesures destinées à doper la croissance à moyen terme devraient se centrer sur le climat des affaires et la qualité et diffusion des statistiques économiques.

Washington, conseille enfin aux autorités gabonaises, la mise en œuvre de politiques et réformes d’accompagnement régionales, dont notamment, le durcissement de la politique monétaire, l’élimination des avances statutaires, une réglementation et supervision avisées du secteur bancaire, et des contrôles stricts dans l’octroi de crédit aux banques.