Désormais à B3, cette mauvaise note est due à la détérioration des finances publiques et aux tensions de trésorerie, selon l’agence américaine.

L’agence américaine de notation Moody's a abaissé, de B1 à B3, la note de crédit attribuée aux dettes à long terme et celle aux dettes de premier rang non garanties de la République gabonaise. Cette note est assortie de perspectives négatives, souligne l’agence.

Deux principales raisons sont avancées par Moody’s pour justifier cette dégradation de la note du Gabon. D’abord, la détérioration des finances publiques, due à la chute des prix du pétrole, elle-même associée à une capacité d'ajustement politique limitée. Ensuite, les pressions aiguës de liquidité qui s’exercent sur le gouvernement.

« L’effondrement des recettes budgétaires en provenance du pétrole et du manganèse, qui représentent la moitié des recettes de l’État, a provoqué d’importantes difficultés dans la trésorerie publique », expliquait Yves Picard, directeur au Gabon de l’Agence française de développement (AFD), s’adressant à Jeune Afrique en début juillet.

En effet, la chute des prix du brut a entraîné une baisse chronique des recettes qui sont descendues à 17% du PIB en 2016, contre 30% en 2013. Pour répondre à cette baisse, le gouvernement a fait face à un arbitrage difficile entre la réduction des dépenses, en particulier les dépenses en capital estimées à 7% du PIB en 2014, et soutenir ses secteurs non pétroliers, précise l’agence.

S’agissant des perspectives négatives envisagées par Moody’s, elles sont justifiées par les incertitudes sur la capacité du gouvernement gabonais à refinancer la dette et à financer son déficit. Pour les quelque 800 milliards FCFA d’arriérés de paiement de l’Etat, le gouvernement s’engage à apurer dès 2017 les 165 milliards FCFA de dette extérieure, et les 638 milliards FCFA de dette intérieure seront apurés sur quatre ans. Les fournisseurs de l’État peuvent espérer toucher d’ici à la fin de 2018 les 250 milliards FCFA qui leur sont dus par le Trésor, et tout le secteur privé devrait être remboursé de 348 milliards FCFA d’avance de TVA en quatre ans.