Les deux institutions mobilisent les bailleurs de fonds et les autres partenaires pour une meilleure veille et riposte face à cette menace.

La sécurité alimentaire et nutritionnelle au Gabon, à l’instar de plusieurs autres pays du monde, est menacée par l’invasion de la chenille légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda. Cet insecte ravageur qui attaque plus de 80 espèces de plantes, parmi lesquelles le maïs, le riz, le sorgho, les cultures maraichères, le coton, etc, sur lesquelles il cause des dégâts d’importance économique. Ce ravageur de cultures, possède une grande capacité de reproduction de plus de 1000 œufs et une capacité de dispersion de 100 km par nuit à l’âge adulte. 

Depuis février 2018, l’Organisation des  Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Ministère de l’agriculture, de l’élevage chargé de la mise en œuvre du Programme GRAINE ont signé un projet intitulé « Assistance d’urgence pour la détermination de la répartition géographique et l’évaluation de l’incidence de la chenille légionnaire d’automne Spodoptera frugiperda » pour fournir un appui au Gabon afin de déterminer et approfondir les connaissances sur le ravageur, sa répartition géographique sur l’étendue du territoire, et évaluer le niveau d’incidence et de gravité des infestations pour une meilleure gestion de ses populations.

Ainsi, des missions de prospections ont été effectuées en mars/avril 2018 dans des parcelles de maïs, de riz, de canne à sucre et sur les cultures maraîchères à travers les neuf (9) provinces du Gabon.  Les équipes de prospections ont, en collaboration avec les structures déconcentrées du ministre de l’Agriculture, collecté les données nécessaires pour déterminer le statut du Gabon vis-à-vis de ce ravageur, analyser les systèmes culturaux pour définir les meilleures options de surveillance et de lutte actuellement disponibles pour la gestion de la chenille légionnaire d’automne.

Dans le but d’apporter une réponse adaptée et efficace à l’échelle nationale contre ce ravageur, la FAO et le ministère de l’Agriculture ont organisé le vendredi 22 juin 2018, une réunion d’information et de sensibilisation des partenaires techniques et bailleurs de fonds présents au Gabon sur la situation de la chenille légionnaire d’automne. 

Cette rencontre avait pour objectif, de présenter aux parties prenantes et aux partenaires les principaux résultats des missions de prospection nationale menée dans les différentes provinces du pays pour déterminer la répartition de la chenille légionnaire d’automne au Gabon. Ces assises ont également permis au ministère de présenter un plan d’action national pour la gestion de la chenille légionnaire d’automne et solliciter l’appui des partenaires et bailleurs de fonds pour la mise en œuvre de ce plan de gestion.

« Depuis avril 2016, le ravageur a envahi tous les pays de la sous-région et au total 44 pays de l’Afrique sub-saharienne. Ce fléau revêt donc d’une importance continentale. La FAO est préoccupée par ce fléau, et à juste titre, au vu de son mandat dans le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Depuis l’apparition de ce problème en 2016, elle a entrepris plusieurs initiatives visant à coordonner les efforts pour le contrôle de la chenille légionnaire d’automne en Afrique. C’est ainsi qu’elle a organisé une réunion technique à Nairobi en avril 2017, avec pour objectif d’examiner l'incidence et l'impact du ravageur en Afrique, discuter des options de contrôle disponibles pour minimiser les dommages sur les cultures et formuler des recommandations sur la meilleure stratégie à adopter pour une gestion efficace du ravageur » a déclaré Hélder Muteia, Coordonnateur du bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale.

« Dans son rôle de coordonnateur technique de la gestion du ravageur sur le continent Africain, la FAO organise, le 25 juin 2018 à Rome, une réunion du Groupe consultative des partenaires sur la chenille légionnaire d’automne avec l’objectif de sensibiliser les partenaires sur les impacts sociaux et économiques du fléau, d’informer sur l’état de mise en œuvre du cadre de partenariat global sur le ravageur et de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre des actions prioritaires sur sa gestion», a-t-il ajouté.

Pour sa part le ministre de l’agriculture et de l’élevage chargé du Programme Graine a attiré l’attention de l’auditoire sur l’ampleur de la situation face aux éventuels dégâts socio-économiques et a formulé un plaidoyer à l’endroit des partenaires. « Je voudrais tout d’abord vous remercier et vous dire à côté de la FAO qui est notre partenaire historique, à quel point cette situation est importante pour le Gabon. En effet, le gouvernement accorde une grande place au développement de l’agriculture à travers ses chaînes de valeur et la production des cultures telles que le maïs, le riz et la canne à sucre dans son plan de relance économique, d’où la nécessité pour nous de réagir le plutôt possible pour endiguer ce risque qui menace notre ambition de parvenir à une autosuffisance alimentaire » a indiqué Biendi Maganga-Moussavou.  

Au cours de cette rencontre, un plan d’action s’articulant autour des sept axes  suivants a été présenté, à savoir : déployer un système de surveillance et d’alerte précoce de  la CLA ; renforcer les capacités des acteurs ; soutenir les actions efficaces de gestion durable de la CLA ; développer  des installations de soutien à la gestion de la CLA ; évaluer l'incidence et la gravité de l'infestation de la CLA et estimer les pertes ; créer une plate-forme nationale fonctionnelle de coordination sur la CLA et assurer une large diffusion des informations ; mobiliser des ressources nécessaires pour la coordination et la gestion de la CLA au niveau national.

Cette séance d’information qui a vu la participation des représentants de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), de l’Ambassade du Japon et du Brésil s’est achevée sur une note de satisfaction au vue de qualité des échanges et la pertinence du sujet. Une note d’information, accompagnée du plan d’action chiffré, sera élaborée sur la situation de la CLA au Gabon pour une large diffusion aux partenaires techniques et financiers.