Adopté le 22 décembre à Brazzaville, ce texte communautaire définit les mécanismes de résolution pacifique des différends liés à la gestion des cours d’eau frontaliers et la participation de la population riveraine dans la gestion durable de ces ressources. 

Les ministres en charge de l’hydraulique des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), réunis le 22 décembre 2017 à Brazzaville, étaient appelés à apprécier les travaux des experts sur le projet de convention pour la prévention et la résolution pacifique des conflits liés à la gestion des ressources en eau partagées, indique l’Agence d’informations d’Afrique centrale.

Selon cette source, ils devaient lever les réserves émises par certains Etats sur la portée du principe de « supranationale » introduit en 2009, dans la politique régionale de l’eau de la CEEAC. Sur insistance de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Burundi, du Cameroun et de la Guinée Equatoriale, ce principe a finalement été retiré du texte communautaire.

« Au terme des fructueux échanges, les ministres ont décidé de retirer le principe de supranationalité du projet de Convention afin d’accélérer le processus de son adoption et de permettre à la communauté de se doter d’un instrument de prévention et de résolution pacifique des conflits liés à la gestion des ressources en eau partagées », a signifié le conseil des ministres de la CEEAC.

La dernière étape dans ce processus de doter la sous-région d’un texte communautaire sur la gestion de l’eau consistera à soumettre ce texte à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement censée se tenir dans les prochains jours.

Avec ses seize cours d’eau partagés, cinq lacs internationaux et plus de dix-sept systèmes aquifères, l’Afrique centrale est la région du monde la plus riche en matière de ressources en eau de surface et souterraines. Elle regorge d’environ 21,828 mètres cubes an et par habitant.

Ces potentielles ressources sont malheureusement négligées par la plupart des Etats et les instruments de gouvernance sont, quant à eux, inadaptés. « Les ministres ont instruit le secrétariat général de la CEEAC de mobiliser les ressources nécessaires à l’accompagnement des Etats dans le renforcement de leurs systèmes de gouvernance », a indiqué le communiqué final du conseil des ministres.

Notons que le nouveau texte communautaire consacre les règles substantielles et procédurales pour prévenir les conflits, obligeant les Etats à une utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau. Il met à la charge des pays l’obligation de notifier au préalable des mesures projetées susceptibles d’avoir des effets négatifs sur d’autres pays voisins.

Outre l’utilisation des ressources en eau partagées, le texte régional promeut également la protection et la prévention de l’environnement, à travers la lutte contre les pollutions, les évaluations environnementales transfrontalières, la gestion des urgences, etc.