Cette décision fait suite, à la rupture de son contrat de concession par l’Etat gabonais.

En représailles à la perte de sa concession au Gabon, Veolia menace de geler ses projets d'investissements dans d’autres pays africains. C’est le directeur général du groupe français Veolia, Antoine Frérot qui a annoncé cette intention, au cours d’un conseil d’administration du groupe tenue le 21 février 2018.

En effet, selon le Financial Times, l’entreprise va suspendre ses projets d'investissement étranger sur tout le continent africain. Dans son propos au journal britannique, le PDG de Veolia Environnement indique que la décision du gouvernement gabonais de mettre un terme au contrat de concession qui avait fait l’objet d’un renouvellement en juin 2017, constitue «une très mauvaise nouvelle, non seulement pour le Gabon, mais aussi pour toute l’Afrique».

«Celle-ci, prévient-il, va considérablement nuire aux investissements envisagés par le groupe dans plusieurs pays africains mais également au Gabon. (…) Les investisseurs étrangers, en particulier dans notre domaine qui est une industrie à long terme (…), vont certainement geler beaucoup d’investissements étrangers en Afrique, pas seulement au Gabon», confie-t-il au journal britannique.

Pour Antoine Frérot, le gouvernement a pris une décision politique qui aura de fortes conséquences financières. Car, indique-t-il, Veolia compte poursuivre en justice le Gabon pour récupérer ce qui lui est dû.

Mais, d’après le porte-parole de la présidence de la République, Ike Ngouoni, invité sur le plateau de TV5 le 22 février 2018, la dette due à la filiale locale du concessionnaire français s’élève à 4 milliards de Fcfa.

Une version dont les détails ont été livrés par le ministre de l’Eau et de l’Energie quelques jours plus tôt. «Quand nous avons signé un contrat de compensation de dette, en tenant compte des exonérations et des compensations fiscales, nous étions à 13 milliards de Fcfa. La SEEG m’a signé récemment un document de reddition de dette, c’est-à-dire, clore la dette avant d’arriver à un nouveau contrat d’affermage. Dans ce document, la dette définitive due à la SEEG s’élève à un peu plus de 3,8 milliards de Fcfa», expliquait-il lors d’une conférence de presse la semain dernière. Ces arguments et d’autres seront exposés, d’après Antoine Frérot, devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.