C’est la question qui se pose désormais après la tenue du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), le 7 décembre 2017. 

L’instance de régulation de l’ARCEP, qui faisait le point sur la situation de la société USAN Gabon, opérant sous la marque AZUR Gabon et en proie à d’énormes difficultés, semble avoir sonné le glas des activités de cet opérateur de téléphonie mobile dans le pays.

En effet, selon l’ARCEP, depuis l’obtention de sa licence pour l’établissement de l’exploitation d’un réseau de téléphonie mobile GSM au Gabon, le 07 décembre 2009, USAN Gabon connait des difficultés récurrentes de tous ordres.

Ces difficultés se traduisent notamment par : des résultats financiers négatifs déclarés chaque année ; une importante dette estimée à 42 milliards FCFA environ envers ses divers prestataires ainsi que l’Etat et ses démembrements ; une inobservation des règles de l’OHADA en matière de recapitalisation ; des difficultés à faire face à la concurrence, en raison de capacités techniques et financières insuffisantes ne permettant pas notamment la couverture optimale du territoire national et l’implémentation des technologies 3G, 4G et à venir.

L’ARCEP enfonce le clous en indiquant également que l’entreprise use de pratiques frauduleuses visant le détournement du trafic international ainsi que la création de routes nouvelles destinées à écouler du trafic en violation flagrante des textes en vigueur en la matière. Azur-Gabon est aussi accusée de dégrader la qualité du service, particulièrement sur l’international, ne paie pas les salaires du personnel depuis maintenant au moins sept mois, ce qui cause de fortes tensions sociales. 

En outre, il y a la suspension récente des liaisons d’interconnexion, du fait d’impayés envers ses partenaires Airtel Gabon et Gabon Telecom, entraînant de fait un accès restreint et limité de ses abonnés aux différents réseaux ainsi que le non renouvellement formel de sa licence prorogée temporairement jusqu’au 8 Avril 2015, en l’absence d’éléments probants toujours attendus.

Au regard des tous ces dysfonctionnements, et malgré la saisine de l’ARCEP transmise au gouvernement à ce sujet conformément à la règlementation en vigueur, le Conseil de régulation a décidé de prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes afin de mettre fin à cette situation qui génère un impact négatif sur les équilibres macroéconomiques du secteur des communications électroniques au Gabon.