Opérant sous la marque Azur, le groupe USAN fait face à une grave crise de gouvernance et serait en passe de déposer le bilan.

La  crise de gouvernance est marquée par la gestion jugée « calamiteuse » de Jean Bruno Obambi, actionnaire majoritaire d’Azur Gabon et la démission récente de Jean-Marie Kringer Vane administrateur directeur général (ADG) de juin à novembre 2017. 

Ayant appris sa suspension du poste d’ADG au profit d’Antoine Lopes et Fernand Gérard Nzamba, par Jean Bruno Obambi depuis Dubaï le 8 novembre 2017, Jean-Marie Kringer Vane, qui devait conserver le poste de directeur résident du groupe Bintel Ltd au Gabon appartenant à Azur,  a préféré démissionner. Selon lui, la vision et le mode de gestion d’Azur étaient « diamétralement opposés » à ses valeurs.

Certaines indiscrétions assurent que Jean Bruno Obambi, accusé de détournement de fonds à Azur, « a forcé » l’ADG à effectuer des paiements vers des filiales étrangères et des comptes monégasques du groupe Bintel. Une chose, selon ces mêmes sources, que refusait Kringer Vane qui aurait voulu instaurer plus de rigueur budgétaire et « stopper l’hémorragie des capitaux » pour le bon fonctionnement du réseau. 

Sa démission est intervenue quelques jours après que les délégués syndicaux aient décidé de suspendre le service minimum et de saisir le Groupe Bintel Ltd afin qu’il soit envoyé un représentant pour la mise en place d’un nouveau système de gestion provisoire, un audit interne et le paiement de cinq mois de salaire par l’actionnaire majoritaire sur les huit mois dus aux employés.

« Les délégués syndicaux, après que Kringer ait payé un milliard de francs CFA de dette, saisissent celui qui a fait tomber Azur », a commenté un proche du dossier soupçonnant Obambi d’avoir tiré les ficelles. 

Si d’aucuns estiment que Kringer Vane avait réussi à convaincre les autorités gabonaises de donner un nouveau souffle à Azur, reçu le 25 octobre 2017 par le ministre de la Communication, il avait fait mention d’une stratégie de redressement des finances du Groupe. Il affirmait sa volonté de tout mettre en œuvre pour qu’Azur Gabon retrouve une situation stable. Près d’un mois après cette rencontre, ceci apparaît comme utopie, Azur Gabon s’enfonçant davantage dans le gouffre.

Azur Gabon, qui ne s’est toujours pas arrimé aux avancées technologiques dans le domaine de la téléphonie mobile ces dernières années reste sur la 2G et continue de stagner à la 4e place depuis son installation au Gabon. Si l’un des projets de Kringer Vane était le passage de la 2G à la 3G, l’objectif serait désormais difficilement réalisable. 

Les délégués du personnel s’étant insurgés contre le fait qu’il privilégiait les aspects techniques au règlement de leurs arriérés. « En infraction avec son cahier des charges, plus rien ne retient l’ARCEP pour, désormais, retirer la licence de USAN Gabon et assainir définitivement le marché des télécommunications du Gabon », commente-t-on.