Globalement, la situation monétaire du pays a été marquée par une baisse de la masse monétaire des avoirs extérieurs nets et un raffermissement du crédit intérieur net au cours des six premiers mois de l’année 2017. 

Selon les données de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), les principaux agrégats monétaires du Gabon  font état d’une masse monétaire (M2) en régression de 14,1% à 1 901,5 milliards FCFA, corrélativement à la dépréciation des avoirs extérieurs nets (-57,1% à 399,3 milliards FCFA) à la fin du mois de juin 2017.

L’analyse de ses composantes révèle ainsi une baisse conjuguée des dépôts collectés (-15,2% à 1 575,6 milliards FCFA) et de la circulation fiduciaire (-8,5% à 325,9 milliards FCFA).

La quasi-monnaie s’est repliée de 9,4% à 673,1 milliards FCFA à fin juin 2017, en liaison avec le tassement de l’épargne des agents économiques, notamment les entreprises du secteur privé. Dans le même temps, les ressources extra-monétaires ont subi une baisse de 30,3% à 154,8 milliards FCFA au deuxième trimestre 2017, suite à la dégradation des autres postes nets (passant de -173,5 milliards FCFA en juin 2016 à -242,8 milliards FCFA en juin 2017).

Baisse des ressources extra-monétaires

En glissement annuel, les contreparties des ressources monétaires ont fléchi de 15,6% à 2 056,3 milliards FCFA, consécutivement à la contraction des avoirs extérieurs nets (-57,1%). Au cours de cette même période, les avoirs extérieurs nets du Gabon ont chuté de 57,1% à 399,3 milliards FCFA, au deuxième trimestre 2017, suite à la baisse concomitante des réserves officielles nettes (-64,2% à 284,3 milliards FCFA) et des avoirs extérieurs nets des banques primaires (-15,3% à 115 milliards FCFA).

En conséquence, le taux de couverture des engagements à vue par les avoirs extérieurs a perdu 21,9 points pour s’établir à 50,3% au deuxième trimestre 2017.

Consolidation du crédit intérieur

S’agissant du crédit intérieur, il s’est consolidé de 10,1% à 1 657 milliards FCFA au deuxième trimestre 2017, suite à la hausse significative des créances nettes sur l’Etat.

Les créances sur l’économie ont également observée cette tendance baissière. Elles ont ainsi reculé de 8,2% à 1 134,5 milliards FCFA à fin juin 2017, en relation avec le repli des crédits consentis au secteur privé non financier, représentant 94,1% de l’encours des crédits. Cette situation demeure liée au contexte économique toujours marqué par un prix du baril de pétrole faible.

Hausse des créances nettes sur l’Etat

Au deuxième trimestre 2017, la situation nette débitrice de l’Etat s’est établie à 522,5 milliards FCFA contre 269,1 milliards FCFA un an plus tôt. Cette évolution traduit une augmentation de la dette de l’Etat envers le système bancaire pour répondre à la baisse des recettes budgétaires fortement impactées par la chute des cours du pétrole.

Suite à cette situation, la position nette du gouvernement (PNG) s’est largement dégradée, passant de 361,7 milliards FCFA en juin 2016 à 577,3 milliards FCFA en juin 2017.