Le pays va franchir un palier supérieur avec la remise officielle du rapport définitif d'examen du Gabon sur l’application de la Convention des Nations-Unies contre la corruption. 

Depuis son siège à Vienne en Autriche, l'Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a récemment indiqué, qu’une délégation va séjourner très prochainement à Libreville, pour transmettre officiellement aux autorités gabonaises le rapport définitif du premier cycle d'examen du Gabon, lié à l'application de la Convention des Nations-Unies contre la corruption.

Ce rapport, indique la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), devrait matérialiser un changement de pratiques de lutte contre la mal gouvernance économique et financière du pays.

L’élaboration de ce document fait suite à plusieurs étapes. Du 21 au 23 avril 2015, deux experts venus de Sierra-Leone et du Laos et d’autres de l'ONUDC avaient séjourné à Libreville  dans le cadre du mécanisme d’examen/pays de l’application de la Convention. L’objectif de leur mission était de vérifier si le Gabon avait, d'une part, intégré dans son droit  interne les dispositions de la Convention et,  d'autre part, les appliquaient.

Cet examen portait notamment sur le cycle 2010-2015 concernant les chapitres III et IV de la Convention des Nations-Unies contre la corruption, relatifs  aux infractions criminelles, l’entraide judiciaire et le transfert des procédures pénales ainsi que la coopération internationale.

A l'issue de l’exercice, les États parties examinateurs (Sierra-Leone et Laos), avec la facilitation de l'ONUDC ont fait des recommandations sur la base des bonnes pratiques et faiblesses identifiées ainsi que les besoins d'assistance technique. Il avait alors été demandé à l'État gabonais d'intégrer dans sa législation les dispositions des chapitres III et IV qui traitent de l'incrimination, de la détection, de la répression et de la coopération internationale.

Forte montée du fléau

Le 25 janvier 2017, l’Organisation non gouvernementale Transparency International, a placé le Gabon à la 101e place sur 176 pays, avec une note de 35 points, dans son Indice de perception de la corruption de l’année 2016. Dans ce classement, le Gabon est considéré par les auteurs du rapport comme faisant partie des plus corrompus du monde. Du moins, par rapport à d’autres tels que le Danemark, la Nouvelle-Zélande (premiers ex æquo) et la Finlande, qui apparaissent en haut du tableau.

La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite est passée pour l’une des principales priorités. Dans le cadre de ce combat, le pays a initié quatre projets de textes portant sur la réorganisation de la justice ; le code pénal ; le code de procédure pénale et la loi spéciale anticorruption dans le cadre de la Stratégie de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux (SLCCBC). Lesdits textes se trouvent dans le circuit d'adoption.

A terme, le Gabon, à travers ces nouvelles dispositions, devrait se doter d'un cadre juridique et institutionnel de lutte contre la corruption adapté, actualisé et complété pour faire face à ce mal insidieux qui déteint la gouvernance économique et financière du pays.

Pour rappel, le Gabon a ratifié la Convention des Nations-Unies contre la Corruption le 13 septembre 2004. Laquelle convention  dispose que « les États parties exécutent leurs obligations d’une manière compatible avec les principes de l’égalité souveraine et de l’intégrité territoriale des États et avec celui de la non-intervention dans les affaires intérieures d’autres États ».