A cause de la chute drastique des prix du baril de pétrole sur le marché international depuis bientôt quatre ans, les Etats ont considérablement réduit leurs dépenses d’investissements.

Selon la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), les dépenses publiques au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) ont chuté de 4 000 milliards FCFA au cours des trois dernières années. Ces dépenses sont passées d’une enveloppe estimée à 7 000 milliards FCFA en 2014, pour s’établir à près de 3 000 milliards FCFA en 2017.

La banque centrale impute cette réduction des dépenses publiques à la baisse du prix du baril de pétrole sur le marché mondial depuis la première année de la période de référence. Laquelle a induit des ajustements budgétaires au sein des six pays membres de la CEMAC. 

Au Gabon, par exemple, le gouvernement a revu à la baisse ses ambitions d’investissements. Rien que pour l’exercice budgétaire en cours, les dépenses d’investissement prévues dans le budget 2017 de l’État affichent une baisse de 170,6 milliards FCFA par rapport à l’année 2016. Des réformes sont également en cours d’implémentation en vue de réduire le coût de vie de l’Etat. Plusieurs projets et chantiers sont mis à l’arrêt dans le pays ou au ralenti.

Au Cameroun, le gouvernement a engagé des réformes qui devraient aboutir à une réduction de 100 milliards FCFA sur les dépenses de fonctionnement prévues dans le budget 2017 : des mesures spécifiques ont été prises sur l’achat de véhicules administratifs, les frais de carburant et les frais de mission des fonctionnaires et autres agents de l’État. 

Au Congo et au Tchad, plusieurs projets sont également arrêtés et les gouvernements ont dû geler le règlement de certaines créances dues. Entre temps, les dépenses sociales et les projets d'infrastructures routières n'ont pas été épargnés. Face à la situation, le Tchad s’est décidé à opérer des ponctions dans les salaires de l'administration publique, où les fonctionnaires se sont vus retirer certains privilèges. 

Lors du comité de politique monétaire de la BEAC tenu le 22 mai dernier à Yaoundé, l’institution a décidé de réduire de 20% les objectifs de refinancement du Tchad et de la Guinée équatoriale. Pour les quatre autres pays, cette réduction est de 10%. Le but visé par la BEAC est d’éviter d’injecter davantage de liquidités dans le circuit économique de ces États, dans l’optique de ne pas continuer à creuser les réserves de change déjà en forte baisse depuis 2015.