Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pays européens ne jouent plus les premiers rôles dans les investissements en Afrique. 

Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Chine devance l’Europe en termes d’Investissements directs étrangers (IDE) sur le continent africain. L’OCDE indique en effet que sur la période 2015-2016, l’Empire du Milieu a investi près de 38,4 milliards de dollars sur le continent, suivi des Emirats arabes unis avec 14,9 milliards de dollars. 

Au Gabon, le classement ne surprend pas beaucoup. La Chine est en effet présente dans le pays à travers une trentaine de sociétés. Ses investissements se concentrent principalement dans le secteur du bois. Les rapports commerciaux entre les deux pays indiquent que la Chine est le troisième fournisseur du Gabon avec un volume de 8,6% de l’ensemble de ses importations, et son premier client avec un volume d’exportation égal à 14,2%.

Lors de sa visite d’Etat en Chine du 6 au 9 décembre 2017, le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba avait réitéré aux investisseurs chinois l’entière disponibilité du Gabon pour accueillir leurs investissements directs.

Pour revenir au rapport de l’OCDE, il convient de noter que l’Italie vient en troisième position en termes d’IDE en Afrique. Ce qui fait d’elle le premier investisseur européen, avec un total de 11,6 milliards de dollars, mieux que les Etats-Unis qui ont accordé 10,4 milliards de dollars. Selon ce rapport, la péninsule doit en grande partie cet excellent classement à sa compagnie pétrolière nationale qui a effectué à elle seule 70% de ces investissements.

Il convient de relever que cette position de l’Italie, aussi étonnante qu’elle puisse paraitre, intervient après la découverte d’immenses réserves de gaz naturel au large du Mozambique. La compagnie italienne ENI a redoublé de chance en Egypte, avec la découverte du gigantesque champ gazier méditerranéen de Zohr.

Mais, au-delà du secteur gazier, l’Italie compte également le géant de l’agro-industrie Ferrero (Nutella, Kinder) ou du BTP Salini Impregilo, qui prospèrent en Afrique. Pour accompagner et accélérer cette dynamique africaine qui semble bien lui réussir, Rome a lancé cette année un fonds d’investissement baptisé Africa Act, et l’a doté d’une mise initiale de 200 millions d’euros. L’objectif étant de mobiliser 10 à 20 fois plus de capitaux afin de propulser les entreprises italiennes, et notamment sa multitude de PME, sur le marché africain.