A l’origine de la contre-performance, la situation difficile des économies de la sous-région.

La crise économique qui frappe les pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) se ressent dans tous les secteurs, comme celui de la banque. Au cours la neuvième réunion annuelle de concertation entre le président de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) et la profession bancaire et financière tenue le 20 juillet 2017 à N'Djamena (Tchad), le constat a été fait selon lequel la qualité du portefeuille de crédit des 52 banques en activité dans la zone continue de se dégrader.

Le résultat net de ces banques est passé de 124 milliards FCFA en 2015 à 87 milliards FCFA en 2016, soit une baisse de 37 milliards FCFA représentant une diminution de 30% en valeur relative. Une forte réduction qui s’explique par la conjonction difficile marquée par un recul de la croissance de 0,2%, cinq des six pays africains étant durement frappés par la baisse drastique des cours du pétrole sur le marché mondial.

Au 30 avril 2017, les chiffres de la COBAC montrent que l’activité bancaire a connu une légère augmentation du total de bilan à 176 milliards FCFA, soit 1,38% par rapport à la période précédente. Les créances en souffrance ont aussi augmenté de 292 milliards FCFA, ce qui représente une hausse de 26,36% par rapport aux statistiques du 30 avril 2016.

Les crédits bruts se sont établis à 423 milliards FCFA, en augmentation de 5,28% ; tandis que les dépôts de la clientèle, de l’ordre de 579 milliards de francs CFA sont en baisse de 5,81%.

De son côté, l’excédent de trésoreries des banques s’est élevé à 1 079 milliards FCFA en avril dernier, soit une régression de 34,4% par rapport à la même période l’année dernière. Le gendarme du secteur bancaire en Afrique centrale explique que cette diminution est due principalement au fait que les établissements de crédits ont octroyés plus de crédits alors qu’elles ont collectés moins de dépôts.

La réunion de Ndjamena a permis au régulateur de faire des rappels à l’ordre et a demandé aux acteurs de la finance de la sous-région de respecter strictement les agrégats économiques sur lesquels les banques obtiendront leurs résultats. La COBAC appelle également au respect strict des normes prudentielles, et promet les sanctions nécessaires au cas où ces prescriptions ne seraient pas respectées.