Patrick Mabika explique entre autres que la décision prise récemment au sujet des tarifs de l’assurance automobile vise à faire effectivement appliquer les tarifs qui existaient depuis 1996 et que les acteurs du secteurs ne respectaient plus. 

Depuis le 1er mai 2017, le secteur des assurances au Gabon connaît une mouvance qui vise à faire appliquer les tarifs minima de l’assurance automobile. C’est du moins l’annonce faite par la Fédération gabonaise des sociétés d’assurance (FEGASA) quelques jours avant l’entrée en vigueur de la décision.

« Lors des assises de mars dernier sous la houlette de la Direction nationale des assurances, des mesures ont été prises parmi lesquelles l’application stricto-sensu des tarifs d’assurance liée à la responsabilité civile automobile qui avaient été arrêtés depuis avril 1996 », explique à cet effet Patrick Mabika.

Des explications qui ont pour objectif de faire comprendre à l’opinion publique qu’il ne s’agit pas de nouveaux tarifs comme l’information avait été perçue. Mais, la corporation est juste entrée dans une phase où elle estime que lesdits tarifs doivent être respectés.

Respecter les tarifs

« Pendant de nombreuses années, certains opérateurs du secteur ne respectaient pas ces tarifs. Ce qui a conduit à des situations complexes car lorsqu’il y avait un sinistre, on se rendait compte que la grille appliquée au moment de la souscription ne correspondait pas au coût réel du sinistre », souligne le secrétaire général de la FEGASA.

Qui conclut sur ce chapitre en insistant : « ces tarifs ne sont donc pas nouveaux. Ils sont anciens et n’étaient tout simplement pas appliqués ». Selon lui, la branche automobile étant la plus fructueuse dans le secteur des assurances au Gabon, la course au chiffre d’affaires à fait en sorte que les acteurs ne respectaient plus les minima, créant du dumping.

C’est d’ailleurs ce système de sous-tarification, au-demeurant préjudiciable à l’assuré au moment de régler un sinistre, que la Fédération entend combattre. « L’application effective de ces tarifs va assainir cette branche [automobile, NDLR]. En les respectant, nous n’allons peut-être pas gagner beaucoup d’argent, mais nous gagnerons la prime qui correspond au risque que nous prenons chaque jour », souligne Patrick Mabika.

Répondre aux engagements

En clair, avec le respect de la tarification, les assureurs seront à même de répondre aux engagements en cas de pépins avec le véhicule assuré. « Quand on ne prend pas la bonne prime, au moment du sinistre, on n’est pas capable d’honorer ses engagements », insiste le secrétaire générale de la FEGASA. Cela peut par exemple expliquer pourquoi, tant de fois par le passé, il y a eu des lourdeurs dans le paiement des indemnités.

Les vieilles habitudes ayant la peau dure, le plus difficile sera certainement de faire respecter ces tarifs. « Nous, assureurs, avons pris l’engagement de respecter ces tarifs (…) Il n’y a pas de raison que nous ne respections pas les engagements et les résolutions pris en mars dernier », conforte Patrick Mabika.

Par ailleurs, indique-t-il aussi, les assureurs comptent sur la Direction nationale des assurances, organe de régulation au niveau national de ce secteur d’activités, afin de discipliner les différents opérateurs. « C’est à elle de s’assurer que les tarifs sont respectés », soutient-il. L’institution concernée a annoncé récemment plusieurs missions annuelles de contrôle, dans l’espérance que cela va pousser les assureurs à s’aligner.