Une ambition s’inscrit dans le cadre de sa stratégie africaine pour l’année 2018, indique l’institution financière marocaine.

 Le Groupe Banque centrale populaire du Maroc, ambitionne une consolidation de sa présence sur le continent africain cette année. Présent dans 12 pays particulièrement dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), il vise aujourd’hui une expansion en Afrique centrale. Des acquisitions devront être annoncées prochainement, annonce le top management du groupe.

Selon le PDG, Mohamed Benchaaboun, «L’année en cours devra connaître une série d’opérations de croissance sur le continent», a-t-il annoncé, le 6 mars 2018, à Casablanca lors de la présentation des résultats financiers 2017. Ces opérations, sous forme d’acquisitions, cibleront les zones de l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. Présent au niveau de 12 pays africains, BCP compte ainsi diversifier son portefeuille pour cibler de nouvelles zones en particulier l’Afrique anglophone. Au Rwanda, malgré le refus des autorités d’une prise de participation par BCP de Bank of Kigali, la BCP demeure très attentive à ce marché.

«Nous avons signé notre accord avec Bank of Kigali, mais ça n’a pas été concrétisé, car les autorités monétaires ont eu leur mot à dire. Il s’agit de leur première banque nationale, ils ont préféré opter pour une opération d’augmentation de capital à travers le marché. Nous ne pouvions pas interférer dans la souveraineté du pays. Nous sommes toujours à l’écoute de ce marché et nous y reviendrons quand l’opportunité s’y présentera.», a déclaré Benchaaboun. 

En Afrique de l’Ouest, la banque aurait des visées sur le Ghana et le Nigéria et en Afrique du Nord sur la Tunisie et l’Égypte. En Afrique centrale, le groupe bancaire compte s’implanter notamment au Cameroun et au Congo en reprenant les actifs du groupe français BPCE. 

D’ailleurs, la future implantation de BCP en Tunisie devrait se concrétiser à travers la reprise de la filiale tunisienne de BPCE. Rappelons que BCP a déjà acquis deux filiales bancaires du groupe BPCE à Maurice (Banque des Mascareignes) et à Madagascar. 

Deux nouveaux pays très prometteurs pour BCP, puisque Maurice représente une véritable place financière régionale et qu'elle est reconnue pour son système fiscal développé, tandis qu’au Madagascar le potentiel est jugé «énorme», car seulement 4% de la population (25 millions d’habitants) est bancarisé. Pour le moment, la banque attend les autorisations des autorités monétaires pour entamer les activités des nouvelles filiales. Par ailleurs, BCP devra s’implanter dans 2 à 3 pays africains dans le domaine de la microfinance à travers sa fondation Attawfiq Micro-Finance. 

L’année 2017 a été globalement un bon cru pour BCP. Le groupe a réalisé un total bilan consolidé de 383,5 milliards de dirhams (+9,1%), un produit net bancaire de 16,4 milliards (+4,5%) et un résultat net consolidé de 3,4 milliards, en progression de 12,3%. Le résultat net part du groupe affiche une amélioration de 7,5% à 2,8 milliards de dirhams.

«Au titre de l’année 2017, la banque au Maroc réaffirme son rôle moteur dans la collecte de l’épargne nationale en maintenant sa position de leader avec 26,3% de part de marché sur les dépôts, au terme d’une collecte additionnelle de plus de 12 milliards de dirhams auprès des particuliers résidents et Marocains du monde. Affirmant son engagement pour le financement de l’économie nationale, le groupe réalise une distribution de plus de 8,5 milliards de dirhams de crédits au titre de l’exercice 2017. Il améliore ainsi son positionnement de 19 points de base ainsi que sa part de marché des crédits distribués qui a été portée à près de 24%», précise la BCP.