Malgré un important appui au développement des pays ACP ainsi que des territoires d’outre-mer (PTOM), ce principal outil d’aide européenne, nécessite un certain nombre d’améliorations pour plus d’efficacité. 

Créé en 1957, le Fonds européen de développement (FED) a pour but de financer la coopération entre l’Union européenne et les pays ACP et les territoires d’outre-mer (PTOM). Il a pour principale vocation de promouvoir le développement économique et social de ces pays, et plus particulièrement, d'y réduire ou atténuer, à terme, la pauvreté, en leur fournissant une assistance technique et financière.

Les secteurs particulièrement concernés sont : l’agriculture durable ; la sécurité alimentaire et résilience ; la gouvernance, les réformes et finances publiques ; l’énergie ; la santé ; les infrastructures et les transports ; l’éducation ; l’environnement, les ressources naturelles et le climat ; l’eau et assainissement ; l’emploi, laformation professionnelle, le développement du secteur privé ; la protection sociale ; le business, la régulation et intégration des marchés et le commerce.

Un instrument au service des pays ACP

L’objectif du Fonds européen de développement est de canaliser la majeure partie de l’aide de l’Union en direction des pays ACP à travers des opérations financières et des procédures spécifiques. Pour ce faire, l’UE a défini les orientations stratégiques de ce partenariat et mobilise régulièrement les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre des accords de coopération.

A ce titre, le FED sert, depuis plus de soixante ans, à financer toute une panoplie de programmes et de projets de développement dans l’ensemble des pays ayant conclu des accords de partenariat avec l’Union (successivement, Accords de Yaoundé, Conventions de Lomé, Accord de Cotonou). Les aides du FED sont non remboursables et sont, dans une très large mesure, constituées de dons. Environ 80% de ces ressources sont octroyées sous forme de subventions ou d’aides non remboursables.

En outre, le nouveau système d’allocation des ressources du FED privilégie et encourage la performance des pays ACP, mais sanctionne aussi les mauvais résultats. Dans ce cadre, le FED est soumis à un système de gestion conjointe qui implique largement les pays bénéficiaires. Ce système s'applique également à l’élaboration des stratégies de coopération et à la mise en œuvre des programmes. L’ouverture à la société civile a également pour effet d'assouplir les conditions d’accès aux financements du FED pour les acteurs non-étatiques.

Quid de l’efficacité du FED ?

Si chaque année, l’Union européenne consacre une partie considérable de son budget à l’aide au développement, ce soutien financier a souvent été dénoncé du fait d’un certain nombre d’incongruités et dysfonctionnements que cela peut représenter en raison de la corruption dans certains pays.

La nécessité d’un mécanisme de contrôle et d’évaluation de la part des ACP eux même et de la Communauté européenne par le biais d’un comité ACP-CE se pose donc avec beaucoup d’insistance. A cet effet, un contrôle de façon régulière et indépendante ainsi qu’une appréciation des opérations et des activités du Fonds, sont devenus primordiaux pour son efficacité.

Il y a quelques années, la Commission européenne elle-même soulignait l’importance d’une amélioration effective de la cohérence des politiques d’aide. Elle faisait ainsi état de la nécessité de revoir comment les politiques qui ne concernent pas le développement pouvaient permettre d’atteindre les objectifs visés.

Une aide désintéressée ?

Le fondement politique des stratégies du FED est également crucial. L’UE aurait beaucoup à gagner, en apportant une aide efficace et honnête dans une perspective de coopération avec le continent africain. Car, d’un point de vue économique et commercial d’abord, un enrichissement des populations ouvrirait de vastes marchés aux entreprises européennes, particulièrement dans un contexte d’accroissement démographique considérable.

Par ailleurs, un FED bien ciblé et structuré contribuerait à la stabilité économique et politique du continent. Il permettrait d’offrir des conditions de vie plus favorables aux pays concernés. Il permettrait également d’éviter à l’avenir, des tragédies à l’instar de celle que l’on vit ces dernières années en méditerranée, où des jeunes africains laissent leur vie au quotidien.

L’aide au développement de l’UE à destination de l’Afrique est donc très complexe et présente encore un certain nombre de lacunes. Elle nécessite un certain nombre d’améliorations afin qu’elle soit plus efficace. En définitive, on peut penser que les objectifs seront réellement atteints lorsque le partenariat entre l’UE et les Etats ACP ne sera plus évoqué dans le cadre des politiques d’aide au développement mais bien d’une relation symétrique de coopération politique, économique et sociale.