Au regard du nombre de morts de cette espèce dans les eaux du Gabon, l’Agence nationale de la préservation de la nature (ANPN) avertit du danger encouru. 

En moins de 10 ans, le nombre de tortues-luths venant pondre sur les plages du Gabon a chuté de moitié. Beaucoup ont perdu la vie face à la pression des effets des changements climatiques via le recul du trait de côte. Mais aussi, à cause de l’action de l’homme via ses interactions avec les pêcheries.

« Le phénomène est récurrent, causé en partie par les filets des pécheurs », informe l’ANPN. Les chalutiers qui ciblent les poissons démersaux et les crevettes utilisent des chaluts de fond et leurs grands filets capturent tout sur leur passage. En début du mois de décembre 2017, une tortue-luth a été retrouvée morte dans le parc national de Mayumba au sud du Gabon. Cette dernière, qui a échoué sur la plage du parc, a été prise au piège des pêcheurs. 

Pour éviter ce cas de figure à l’avenir, l’ANPN estime qu’il est « plus que nécessaire d’interdire et/ou mieux d'encadrer la pêche durant la période de nidation ». Pour elle, il faudra aussi multiplier des campagnes de sensibilisation sur la présence de ces tortues durant cette activité.

« Faut-il le rappeler, le Gabon abrite le premier site de ponte de tortues-luths au monde », insiste l’agence, signifiant que l’espèce parcoure des milliers de kilomètres, afin de venir pondre ses œufs pour la reproduction. « La présence de cette espèce est aussi une opportunité pour l’attraction et le développement touristique », souligne l’ANPN, faisant allusion à la gravité de la menace de la pêche. 

Pour certains observateurs, au lieu d’interdire la pêche, il faudrait vérifier que tous les bateaux aient bien des TEDs dans les filets afin que les tortues ne puissent pas s'en approcher. Soit, de grandes grilles en métal, placées à une certaine distance du chalut. Des essais de TED ont été menés en mer au Gabon et plusieurs ateliers ont été tenus avec le gouvernement mais les résultats ne suivent toujours pas. 

De fait, les tortues sont exposées. Ceci, d’autant plus de « nombreux chalutiers pêchent illégalement dans une zone d'exclusion de 5,5 km qui protège les eaux côtières ». Les tortues étant concentrées dans cette zone au cours de l'accouplement et de la nidification, elles sont très vulnérables à la capture.