S’exprimant sur la chaine de télévision Gabon 24, le ministre gabonais de l’Economie estime que les changements climatiques sont une opportunité de développement pour le pays, si ce dernier réussit à capter les financements nécessaires pour un développement sobre en carbone. 

Face aux changements climatiques, il faut trouver des solutions dans un contexte où les pays visent la croissance économique. Son revers, la dégradation du capital naturel, voire la résiliation des possibilités de croissance future. A la COP 21 à Paris, les Etats ce sont engagés à préserver ce capital via la baisse du réchauffement à un niveau de 2°, sinon 1,5°C.

Le Gabon a de fait pris l’engagement de baisser les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50% à l’horizon 2025 sur la base d’un scénario tendanciel. « Ça signifie que le Gabon doit mettre en place des politiques sobres en carbone », a expliqué le ministre de l’Economie et du développement durable, Régis Immongault, dans l’émission « Parlons Climat » diffusée sur les antennes de Gabon 24.  

Engagé dans une politique d’industrialisation, « l’enjeu pour le Gabon, c’est d’adopter de nouvelles méthodes de production. Des méthodes de production plus sobres en carbone, ce qui signifie des coûts supplémentaires », souligne-t-il. Signifiant qu’« il faut des politiques qui visent à capter davantage les financements internationaux », au-delà des instruments tels que le Conseil national climat, le Plan national d’affection des terres et la loi de développement durable.

Il est prévu que les pays industrialisés mettent à la disposition des pays en développement 100 milliards de dollars à partir de 2020 dans le cadre du Fonds vert climat, en soutien à leurs politiques d’atténuation et d’adaptation. A cet effet, le Gabon a reçu une subvention de 300 000 dollars (187 millions FCFA). Un premier financement obtenu à la suite de la COP 22 à Marrakech (Maroc) et orienté vers la formation « pour avoir l’innovation qui est essentielle au niveau de la portée des changements climatiques », informe Régis Immongault.

Pour lui, les changements climatiques constituent donc « une opportunité pour nos économies ». Y voyant « une vraie stratégie de développement durable », il sollicite l’implication du secteur privé pour le financement de la mutation qui consiste à détruire le système de production pour l’amener vers un système plus « durable »

« C’est cela l’enjeu fondamental et nous les pays africains nous sommes au début de notre industrialisation. Nous avons l’obligation de réaliser cette mutation », exhorte le ministre Régis Immongault. « Il faut que le Gabon puisse être prêt pour tirer d’avantage ces revenus parce que le plus souvent il y a des fonds, et il arrive que le Gabon soit absent », conclut-il.