A Paris pour le One planet summit, le sommet de la finance verte, Ali Bongo Ondimba, coordonnateur du CAHOSCC, a marqué son intérêt pour le financement des mécanismes d’adaptation et proposé la mise en place d’un label climat. 

Le président de la République gabonaise, coordonnateur du Comité des chefs d'État et de gouvernements africains sur les changements climatiques (CAHOSCC), s’est exprimé le 12 décembre 2017 au segment de haut niveau du « One planet summit », le sommet de la finance verte. Invité au panel placé sous le thème « Solutions financières innovantes au service de l’adaptation », Ali Bongo Ondimba a porté une réflexion sur les voies et moyens d’accélérer les ressources financières pour soutenir la lutte contre les changements climatiques, les engagements pris à cet effet tardant à se concrétiser. Rappelant que l’Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions mais n’a pas hésité à répondre à l’appel.

« Nous sommes comme dans une classe d’école, et nous sommes de mauvais élèves. Mais nous sommes contents et fiers d’être de mauvais élèves. Tous les ans, on se retrouve pour constater à quel point nous sommes de mauvais élèves,  que nous sommes en train de perdre une bataille, mais tous les ans nous continuons à nous retrouver », a-t-il fait remarquer en termes de boutades pour que les lignes bougent. L’Afrique étant le continent le plus menacé et même les pays de forêt comme le Gabon qui séquestre chaque année près de 80 millions de tonnes de CO2.

Compte tenu de cette vulnérabilité, le continent a lancé il y a deux ans l’initiative africaine de l’adaptation qui nécessite pour son démarrage un  « budget estimé à 5 millions de dollars d’ici à 2020 ». Soit, environ 2,877 milliards FCFA. L’heure étant à l’action, Ali Bongo a concrètement proposé « d’inviter le système financier et bancaire mondial à inventer des mécanismes originaux d’appui à l’adaptation et à l’atténuation ». Ceci implique que les prêts relevant de l’atténuation ou de l’adaptation soient affectés, dit-il, « dans un label qu’on pourrait appeler label climat et qui offrirait des taux et des conditionnalités préférentielles »

En tant que coordonnateur du CAHOSCC, Ali Bongo a dit vouloir lancer une campagne de mobilisation de fonds pour l’initiative africaine sur l’adaptation auprès des Etats de l’Union africaine, afin de montrer à la communauté internationale que le continent reste toujours engagé. « Et il est bon que nous puissions aussi montrer l’exemple », a-t-il indiqué. A ce titre, il a annoncé que le Gabon « va donc faire une contribution de 500 000 dollars à l’initiative africaine de l’adaptation ».