Il propose à ses pairs africains des actions concrètes en vue d’atteindre les objectifs escomptés dans la lutte contre les changements climatiques à travers trois axes de travail. 

En séjour à New-York pour participer à la 72e assemblée générale de l’Organisation des nations Unies (ONU), le président de la République gabonaise a présidé une réunion du bureau du Comité des chefs d’Etat et de gouvernement africains sur les changements climatiques (CAHOSCC), lundi 18 septembre 2017. 

Au cours de cette rencontre qui a vu les présences d’Alpha Condé (Guinée) et de Jacob Zuma (Afrique du Sud), tandis que les autres pays étaient représentés par des émissaires de haut niveau, le président Ali Bongo Ondimba a décliné la stratégie qu’il entend mettre en œuvre durant son mandat à la tête de la CAHOSCC pour atteindre les objectifs sur le climat. 

« Une stratégie climatique intégrée à notre politique de développement durable déclinée dans l’Agenda 2063 de : « L’Afrique que nous voulons ». Elle deviendra ainsi notre feuille de route d’actions concrètes à réaliser en vue d’atteindre “le climat que nous voulons” et cela au travers de trois principaux axes de travail », a annoncé Ali Bongo Ondimba. 

Opérationnaliser les initiatives africaines 

Le premier axe va consister à rendre réellement opérationnelles les initiatives africaines sur le climat. « A cet égard, il nous faudra prioriser l’Initiative africaine sur l’adaptation, l’Initiative africaine sur les énergies renouvelables ainsi que les trois commissions régionales sur le Sahel, le Bassin du Congo et les Etats insulaires », a préconisé le président gabonais.

Le deuxième axe de la stratégie proposée consiste à établir une véritable politique de financement et de mobilisation des ressources, afin de soutenir concrètement les initiatives africaines en matière de lutte contre les changements climatiques. « Car devant la conjoncture mondiale actuelle, nous devons réfléchir à des mécanismes de financement innovants et intégrés à nos politiques de développement », a argumenté Ali Bongo Ondimba. 

Enfin, il sera question de renforcer le modèle de gouvernance. Selon le président du bureau du CAHOSCC, cela passe, d’une part, par une meilleure prise en compte de la participation de tous les acteurs en préservant le bon équilibre régional et, d’autre part, par le renforcement des principaux organes que sont la Commission de l’Union africaine, la Conférence des ministres africains de l’Environnement et le Groupe des négociateurs africains.

Nouveaux financements 

Le président gabonais a par ailleurs invité les autres pays africains à la Conférence internationale de Libreville sur l’Afrique et l’Accord de Paris prévue les 19 et 20 octobre prochain. Rencontre qui présente un double enjeu. Politique parce que les pays africains doivent montrer leur détermination à lutter contre les changements climatiques. Economique dans la mesure où de nouvelles ressources financières sont indispensables pour faire face à l’urgence climatique. 

« Nous devons réfléchir à de nouveaux mécanismes de financement et surtout présenter les opportunités d’investissement dans ce secteur d’avenir à nos partenaires », a insisté Ali Bongo Ondimba. 

La première réunion du CAHOSCC sous coordination gabonaise a également porté sur les conclusions de la 16e Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE), la deuxième instance environnementale la plus importante d’Afrique, qui a eu lieu à Libreville, les 15 et 16 juin dernier. 

A cette occasion, les pays africains, en tête desquels le Gabon, s’étaient engagés à intensifier leurs efforts en vue de la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) et du programme de développement pour l’Afrique, à l’horizon 2063.