Le Plan de relance agricole prévoit un volume d’exportations 20 fois plus élevé qu’à l’heure actuelle, ce qui permettrait de réduire en même temps les importations alimentaires de 73%. 

Selon les perspectives agricoles mises en œuvre et pilotées par le ministère de l’Agriculture, le Gabon a pour objectif de développer son agriculture afin d’atteindre des exportations d’environ 670 milliards FCFA d’ici 2023. Actuellement de 33 milliards FCFA, les exportations devraient donc être 20 fois plus importantes d’ici six ans. 

Dans le même temps, cela permettrait de réduire de manière considérable les importations agricoles et alimentaires, qui ont dépassé le cap de 400 milliards FCFA par an, selon les dernières statistiques officielles. Le gouvernement compte les réduire de 73% au moins, pour qu’elles ne représentent plus que 110 milliards FCFA en 2023. 

Cette vision a été présentée vendredi 25 août 2017 par Yves-Fernand Manfoumbi, ministre de l’Agriculture, de l’élevage, chargé de la mise en œuvre du programme Graine. Il recevait un expert de la Commission économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), Aboubakar Njoya, qu’accompagnait Pr. Idiata Daniel Franck, Commissaire général du centre national de recherche scientifique et technologique (CENAREST) du Gabon. 

Plan de relance agricole 

Pour y parvenir, le gouvernement compte s’appuyer sur un Plan de relance agricole qui a deux principaux objectifs. Le premier est de garantir la sécurité alimentaire des Gabonais en augmentant la production locale afin qu’elle se substitue aux importations. Le second est la valorisation du potentiel agricole en augmentant les surfaces cultivées, ainsi que le nombre de spéculations tout en valorisant les filières agroindustrielles exportatrices. 

D’après Yves-Fernand Manfoumbi, le Plan de relance agricole prévoit de développer les filières-clés. S’agissant des fruits et légumes dont le volet domestique du programme Graine s’occupe, 8 000 hectares seront plantés d’ici 2018 pour cultiver la tomate, la banane, le piment et le manioc. Les productions de riz devraient évoluer de 30 000 tonnes en 2018 à 109 000 tonnes en 2020. Le gouvernement envisage également de mettre en œuvre les politiques pour augmenter la production de la volaille, de la viande bovine, du poisson, etc. 

Pour atteindre les ambitions d’exportations, le Plan envisage que le Gabon développe suffisamment les filières au fort potentiel. Les filières actuelles sont le palmier à huile, avec des prévisions d’environ 120 000 hectares d’ici 2023, et l’hévéa développé pour l’instant sur 22 000 hectares plantés. Un accent particulier sera par ailleurs mis sur la filière cacao-café, avec pour premier palier l’atteinte de 3 000 hectares cultivés d’ici 2019. 

Trois leviers 

L’atteinte de tous ces objectifs s’appuie sur trois grands leviers. D’abord, la gouvernance qui passe par la rationalisation du secteur (suppression des acteurs institutionnels redondants, déploiement du Guichet unique pour l’agriculture…). Ensuite, l’Etat s’attèle à mettre en place un cadre réglementaire incitatif avec la finalisation, par exemple, du Plan national d’affectation des terres (FNAT), la création d’un statut de zone franches agricoles, ou encore celle d’un Fonds agricole pour appuyer le monde rural. 

Le dernier levier est l’aménagement rural qui inclut, entre autres : l’aménagement des zones franches agricoles, des pistes rurales ou des espaces de stockage ; la mise en œuvre d’un programme d’électrification et d’accès à l’eau potable des zones rurales ; et le développement des infrastructures sociales de base pour empêcher l’exode rural. 

Le Plan de relance agricole ainsi décliné séduit. S’ils sont atteints, les résultats permettront de sortir de cette dépense alimentaire vis-à-vis de l’extérieur qui ronge considérablement les réserves de devises gabonaises. La réduction des importations et l’augmentation des exportations telles que prévues dans le Plan de relance agricole permettront en effet d’améliorer la balance commerciale sur les produits agricoles. Actuellement elle est déficitaire de 367 milliards FCFA. En 2023, le Gabon espère avoir une balance commerciale sur les produits agricoles excédentaire de 571 milliards FCFA.