Les acteurs du secteur agricole sont réunis dans la capitale depuis ce 28 juin et ce, jusqu’au 1er juillet 2017, afin de peaufiner les réflexions sur l’atteinte de la souveraineté alimentaire par le Gabon, les pites de la relance et la redynamisation de cette filière par l’accélération du programme GRAINE.

Ces assises, organisées par le ministère de l’Agriculture en partenariat avec la FAO et la Société gabonaise de transformation agricole et du développement rural (SOTRADER), ont pour thème «la redynamisation de l’agriculture et l’accélération du programme Graine pour une souveraineté alimentaire au Gabon ».

La participation des différents acteurs, partenaires et experts à ces rencontres permet en effet, d’engager des réflexions en vue de rendre plus dynamique le secteur agricole dans le pays. «Ces assises sont une opportunité et permettent d’engager une profonde réflexion sur la nécessité de relever deux défis, notamment réduire de manière significative notre forte dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, et augmenter de manière substantielle la contribution du secteur agricole au PIB », a indiqué Bruno Ben Moubamba, représentant du Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet empêché.

En effet, l’agriculture qui n’a apporté qu’une faible part (soit 30%) dans l’économie au sortir des indépendances, a périclité au fil des temps pour ne représenter que 3% du PIB en 2009. De nombreux programmes sont cependant mis en place pour renforcer un certain nombre d’initiatives dont le programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) initié en partenariat avec le Fao et la coopération chinoise, le programme de développement des investissements agricoles du Gabon (PRODIAG) et le programme développement agricole et rural (PDAR).

Aujourd’hui, il s’agit d’un partenariat public-privé entre l’Etat et le groupe Olam, se définissant à travers le programme Graine, qui se trouve dans sa phase de maturation dans les six provinces du pays, et dont le but vise à développer l’agro-industrie et assurer l’autosuffisance alimentaire.

Ce sursaut dans le secteur agricole n’a pas encore produit l’effet escompté car les attentes restent encore nombreuses et la contribution du secteur qui se situe autour de 6% est encore loin du potentiel. Pour ce faire, «le gouvernement a adopté un plan de relance de l’économie dont l’objectif est de créer 150 000 emplois, de réduire de 75% les importations, de générer un chiffre d’affaire de 800 milliards de FCFA d’exportations et d’accroître la contribution du secteur au PIB», a déclaré le ministre de l’Agriculture, Yves Fernand Manfoumbi.

Selon le représentant de la FAO au Gabon, le Gabon s’est engagé dans la voie de la diversification de son économie dès 2016, pour la rendre moins dépendante et plus résiliente aux chocs exogènes des prix du pétrole. Il a décidé de faire de l’agriculture le secteur économique de demain et c’est une décision forte qui nécessite une stratégie bien définie et la participation de tous les Gabonais.

C’est pour cette raison que ces assises font appel à l’expertise internationale ainsi que celle des pays amis pour accompagner les acteurs du Gabon dans la réflexion. Il est aussi question de définir des stratégies gagnantes à la lumière de leurs expériences respectives, une démarche fortement soutenue par la FAO.

Le ministre de l’Agriculture précise ainsi que les réflexions qui seront menées durant ces quatre jours de travaux, devront ouvrir la voie à une profonde mutation du secteur agricole au Gabon, afin qu’il joue pleinement le rôle de moteur de développement économique et sociale qui lui est assigné.