Le ministre de l’Agriculture a présenté aux partenaires au développement les axes de la redynamisation de l’agriculture en vue de bénéficier des divers appuis dont disposent leurs guichets. 

Pour une redynamisation du secteur agricole, conformément aux termes retenus par le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et le Plan de relance de l’économie (PRE), le ministre de l’Agriculture, de l’élevage, chargé de la mise en œuvre du programme Graine, Yves Fernand Manfoumbi, a rencontré les partenaires au développement lundi 12 juin 2017. Autour de la table : la FAO, l’AFD, la BDEAC, le PNUD ainsi que la Banque mondiale. Au cours de la séance de travail avec ces partenaires techniques et financiers, le ministre a présenté la vision du Gabon dans le secteur agricole pour solliciter leur appui.

En présentant l’Agriculture comme un « secteur réel de l’économie », Yves Fernand Manfoumbi a indiqué à ses hôtes qu’il s’agit d’un secteur dans lequel il est question de faire un effort remarquable pour tirer la croissance, favoriser le processus de diversification de l’économie, et générer des emplois. Il était question aussi de présenter la vision globale du secteur et de voir comment les partenaires qui veulent accompagner le gouvernement, peuvent s’intégrer dans les actions retenues dans le PRE.

Celles-ci s’expriment en termes de garantie de la sécurité alimentaire grâce à la production locale en fonction des besoins et des habitudes alimentaires des Gabonais, la valorisation du potentiel agricole dont 96% d’hectares sont encore non utilisés. L’objectif est d’augmenter les surfaces à exploiter et de valoriser les filières pour « aider un tant soit peu à équilibrer la balance financière ». Ceci, sur la base de quatre types de produits retenus dans le PSGE : les fruits et légumes, les céréales et le poisson. De même, le développement des filières à fort potentiel en termes d’exportation au nombre desquels le palmier à huile, l’hévéa, le café, le cacao en vue de générer des revenus pour 600 milliards FCFA.

Le ministre de l’Agriculture, de ce fait, a présenté à ses partenaires la vision stratégique du secteur qui repose sur trois leviers. Il s’agit de la gouvernance en termes de rationalisation, de création d’une direction générale de la sécurité alimentaire, d’une agence de régulation agricole ainsi qu’un guichet unique sectoriel pour simplifier les procédures aux investisseurs du secteur et leur donner l’opportunité de commencer leurs activités en 15 jours.

Cette vision concerne également le cadre réglementaire pour la finalisation du Plan national d’affectation des terres (PNAT), la promotion de l’accès au foncier pour attirer des investissements directs étrangers (IDE), la création des zones franches agricoles dont deux ont été identifiées dans le Haut-Ogooué et dans la Ngounié. L’on peut aussi citer la promotion de la transformation et la valorisation locale des produits comme l’huile de palme, la tomate, le plantain ou le manioc pour répondre à l’« ambition de produire du biocarburant au niveau local », ainsi que la création d’un Fonds agricole pour favoriser le retour à la terre et arriver à une agriculture de subsistance à faible revenus. Un domaine dans lequel la BDEAC compte bien apporter son appui.

Implication des bailleurs

En présentant l’ambition de son département ministériel et ce en prélude aux « assises sur la redynamisation de l’agriculture comme élément de souveraineté alimentaire de notre pays », Yves Fernand Manfoumbi, a incité l’ensemble des partenaires à s’impliquer dans le financement du secteur agricole pour leur permettre de savoir et d’avoir une idée de manière globale dans ce que le secteur agricole compte réaliser dans les toutes prochaines années en tenant compte de leurs spécificités et de leurs domaines d’intervention au Gabon.

Le ministre de l’Agriculture a indiqué que cet échange « vient à point nommé parce que nous sommes aussi dans la phase de préparation de la loi de Finances 2018, et, en tenant compte des éléments à proposer au gouvernement dans le secteur agricole, il était question de voir quels sont les projets ou les programmes dans lesquels les partenaires pouvaient s’impliquer ».

Les bailleurs ont souligné les points de vigilance en termes de capital humain, de formation, d’accès au foncier et de gestion du PNAT. Pour le directeur de l’AFD, Yves Picard, « la définition d’une politique publique en matière de développement agricole est importante pour le Gabon ; les bailleurs de fonds qui étaient autour de la table n’avaient pas à se prononcer spécifiquement, apporter des montants à ce stade. On a souligné les points exposés et la volonté des bailleurs dans leur totalité à soutenir au niveau budgétaire les projets qui s’inscriront dans cette politique. Globalement, la communauté des bailleurs autour de cette table soutient le développement de la politique agricole qui a été exposée ».

Du côté de la BDEAC, Jacques Kwachil-Ngouvala, représentant résident de cette institution au Gabon, a salué le fait que le pays ait « une vision claire » dans le secteur agricole. Pour lui, cette vision se veut « proactive » et « pour la BDEAC, c’est une belle base de travail qui permet de voir comment opérationnaliser cette vision en termes de coûts indicatifs pour chaque projet, en termes de priorité pour le gouvernement ». Il ne reste plus, selon lui, qu’à travailler pour affiner les coûts de chaque programme. Alors que le ministre de l’Agriculture a dit attendre les différentes contributions, le représentant de la BDEAC a dit « continuer à travailler avec le gouvernement pour être le plus proche possible des objectifs et des dates fixés »