Sa mise en place vise la prise en compte de toutes les problématiques liées à cette filière et à la gestion durable de la production du miel.

Le ministre de l’Agriculture, de l’élevage, chargé de la mise en œuvre du programme, accompagné du ministre délégué en charge de l’industrie agroalimentaire, ont procédé lundi 22 mai 2017 à Libreville, au lancement de l’atelier sur la mise en place de la plateforme apicole nationale au Gabon. Cette plateforme, apprend-on, est une phase primordiale pour l’élaboration d’actions en vue de préserver l’apiculture dans le pays. Ce qui passe principalement par la protection des abeilles.

Peu de personnes le savent en effet : les abeilles sont directement responsables de la production de 70% des fruits, légumes et noix consommés chaque jour. « Et si les insectes disparaissaient, de nombreux aliments se feraient rares dans nos assiettes. Et malheureusement, ce sont aussi les plus riches en vitamines et minéraux », a soutenu Emmanuel Guidon pour souligner l’importance de cette espèce animale. Les abeilles sont également impliquées dans la reproduction des fourrages, principale nourriture du bétail et d’autres animaux de pâture. Donc, sans elles, fromage, beurre ou yaourts et même viandes se feraient rares et donc plus coûteux.

L’apiculture améliorée a ainsi de nombreux avantages socio-économiques. Elle facilite en outre une augmentation des productions agricoles, tout en assurant la protection des ressources naturelles et l’équilibre écologique. Autant de bienfaits qui justifient la mise en place d’une telle plateforme au Gabon, afin d’élaborer « une approche positive et pragmatique pour une gestion partagée des ressources mellifères aux fins de contribuer au développement durable du secteur de l’élevage, à même de répondre de manière efficace à la problématique de la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté », comme l’a souligné le ministre de l’Agriculture, Yves Fernand Manfoumbi.

Phénomènes néfastes

Malheureusement, les pratiques quotidiennes ne participent pas encore de cet effort. Deux principaux phénomènes néfastes sont observés. Le premier est l’abattage des arbres et leur incinération qui occasionne une mortalité accrue chez les abeilles. Le second est observé dans les champs, avec les traitements des plantes par les pesticides et autres produits phytosanitaires qui entraînent également la disparition de nombreuses colonies d’abeilles.

Pour le Gabon, le fait de préserver ces insectes est primordial. C’est du moins l’avis du Dr. Norbert Mbahin, chargé de la santé des abeilles en Afrique auprès de l’Union africaine. L’expert résume d’ailleurs le rôle des abeilles et de l’apiculture en trois points : c’est grâce à cette espèce que la graine se reproduit, donnant de quoi manger à l’humanité ; la filière apicole est la seule qui ne nécessite pas beaucoup d’investissements pourtant elle est très rentable ; et enfin, beaucoup de produits sont issus de de cette filière en l’occurrence la gelée royale dont le coût s’élève aujourd’hui à 30 000 dollars le kilogramme sur le marché internationale.

Interpellation

Pour Dr. Norbert Mbahin, la réduction des abeilles dans certaines parties du monde (45% en Amérique, 31% en Europe) doit interpeller les Africains afin qu’ils mettent sur pied des actions pour protéger cette espèce. L’on estime même que le Gabon doit classer l'abille comme une « une espèce protégée ». Ce qui permettrait aux autorités de renforcer leurs programmes de conservation et d’accéder à des fonds pour être en phase avec le diptyque objectif-budget.

Dans tous les cas, pensent les uns et les autres, ce serait un pas de plus pour le développement du marché gabonais de l’apiculture qui reste encore atone, malgré les potentialités. La situation se caractérise en effet par un marché disponible avec des produits de la ruche qui manquent dans les rayons et étales, ce qui fait que le miel coûte aujourd’hui 7 000 FCFA le kilogramme. L’élevage des abeilles c’est aussi une production essentiellement traditionnelle, et malgré des initiatives prises çà et là en ce qui concerne le suivi par des institutions ou des campagnes de vulgarisation, il n’en demeure pas moins que le volume de la production locale est encore très faible pour satisfaire les attentes des consommateurs.