Son adhésion a été actée ce 14 décembre 2017, à Brisbane en Australie. 

Après deux années de travail acharné, le Gabon est parvenu à obtenir son adhésion au Processus de kimberley, à Brisbane en Australie, en qualité de membre participant. Cette adhésion, survenue lors du conseil d’administration du processus du 12 au 14 décembre 2017, procède de l’énorme travail abattu par le ministre des Mines, Christian Magnagna, et son équipe d’experts pour finaliser le dossier de candidature du Gabon, initié en novembre 2015 par l’un de ses prédécesseurs.

Depuis cette date, plusieurs étapes ont été franchies dans la mise en place des outils de gestion du Processus de Kimberley. Il s’agit notamment de la formation des évaluateurs gabonais de diamants bruts ; de l’équipement du futur Bureau des expertises et des évaluations des diamants bruts et de l’élaboration d’une nouvelle règlementation adaptée du diamant.

Cette dernière comportant deux projets de décrets, l’un portant sur la création du Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley (SNPK) et l’autre fixant les conditions de mise en œuvre du Système international de certification des diamants en République gabonaise.

Ces différents progrès accomplis par le Gabon ont été présentés lors des travaux des différentes réunions de l’Assemblée Générale du processus de Kimberley, tenues respectivement à Dubaï en novembre 2016, et à Perth en mai 2017.

Les initiatives ont toutes démontré la ferme volonté des autorités gabonaises de pouvoir désormais exploiter les sites diamantifères en toute légalité, de contrôler la production de diamants par ses artisans locaux et enfin, d’attirer des investisseurs miniers extérieurs, nécessaires pour le développement de cette filière.

Cette adhésion constitue également une nouvelle page de la nouvelle histoire de l’exploitation du diamant gabonais. Raison pour laquelle, Christian Magnagna a esquissé deux approches.

La première, est une exhortation à son administration à respecter scrupuleusement la feuille de route de douze mois qui lui a été prescrite par le Secrétariat permanent du Processus de Kimberley. Tandis que la seconde est un appel aux opérateurs diamantifères à prendre dorénavant conscience de l’obligation du respect des lois et dispositions en vigueur afin que l'exploitation des ressources minières demeure une activité économique qui profite à tous, en toute légalité.

Secteur minier, un puissant levier de croissance

Le Gabon entend grandement tirer profit de cette adhésion au Processus de Kimberley. Ce, du fait que cette entité devra induire la promotion et l’amélioration de la gouvernance de la filière du diamant au Gabon.

Autrement dit, un pan complémentaire de la relance de l’économie nationale vient d’être franchi par le gouvernement, dont la démarche avait reçu l’appui des bailleurs de fonds multilatéraux, à savoir le 10e Fonds de développement européen (FED) et la Banque mondiale.

Il est à noter que jusqu’à présent, les indices de diamants sont particulièrement répertoriés au Gabon dans les zones de Mitzic, Makongonio, Nzenzelé, Waka et Makokou, situées respectivement au nord et au sud-est du pays, où l’exploitation est limitée au stade artisanal effectué sans réel contrôle de l’Etat.

En effet, un réseau d’achats opère dans l’illégalité et les diamants produits sont exportés vers les pays limitrophes qui leur donnent des certificats de Kimberley, après avoir été déclarés comme production locale.

D'où cette nécessité, mais aussi une arme pour le Gabon d'être désormais, le 82e Etat membre du Processus de Kimberley, afin de mettre un terme définitif à toutes ces pratiques néfastes à l’économie du pays et ainsi de commencer une collaboration positive entre le gouvernement et les artisans.