C’est ce qu’indique le « Indice de gouvernance des ressources naturelles 2017 » publié le 28 juin 2017, par l’Institut de gouvernance des ressources naturelles.

Selon cet indice, le Gabon est classé dans la catégorie des pays africains médiocres, en matière de gouvernance des hydrocarbures. Car, le pays marque 36 points sur 100 dans cette évaluation dans la gouvernance des ressources de 2017. En effet, le Gabon est classé 11e, derrière l’Egypte qui occupe le 10e rang avec 39/100 ; suivi de l’Angola 12 avec 35/100 ; du Tchad 13 34/100 ; de l’Algérie, 14e avec 33/100; du Soudan du Sud, 15e avec 32/100, qui ferme la liste de cette catégorie qui, selon l’Institut, la  gouvernance est médiocre. Pour ces pays, explique le document, «des procédures et pratiques sélectives et minimales sont en place pour gérer les ressources naturelles, mais il manque la plupart des éléments nécessaires pour que les citoyens puissent profiter de la richesse dérivée des ressources extractives ».

Arrivent ensuite arrive la RDC, 16e avec 25/100 ; de la Guinée Equatoriale, 17eavec 22/100 ; du Soudan, 18e avec 21/100 et de la Lybie qui ferme cette liste à la 19e place avec un score de 18/100. La gouvernance des hydrocarbures dans ces quatre est qualifiée de défaillante par ce rapportr. « Il n’y a pratiquement pas de cadre de gouvernance pour faire en sorte que la richesse dérivée des ressources extractives bénéficie aux citoyens. Il est fort probable que les principaux bénéficiaires soient les entreprises extractives et une élite minoritaire », souligne-t-il.

Par contre, le Ghana fait office de meilleur élève dans ce rapport avec une note de 67 sur 100. Il est en effet, le pays africain qui gère le mieux, ses ressources en hydrocarbures. Le pays s’est distingué par une bonne gouvernance de ses ressources couplée à une meilleure redistribution des revenus issus de leur exploitation.

Il est suivi de la Tunisie et la Côte d’ivoire qui glanent chacun, 56 points. Des notes jugées insuffisantes selon les auteurs du rapport qui reprochent à la Tunisie une gouvernance partielle dans certains domaines et problématique dans d’autres. Ils estiment en effet que les citoyens tunisiens pourraient profiter de la richesse dérivée des ressources extractives au bout d’un certain temps, mais ces bénéfices sont probablement insuffisants pour le moment. Quant à la Côte d’Ivoire, elle s’est différenciée par une réalisation de la valeur et une gestion des revenus satisfaisantes (les deux derniers critères). A son niveau, ce sont les conditions générales de gouvernance qui sont insuffisantes.

Ensuite arrive le Cameroun, avec 54 points, la Tanzanie, qui ferme le top 5 du classement avec 53 points. Pour les mêmes observations que les trois précédents pays, la gouvernance des ressources de pétrole et de gaz est insuffisante. Ensuite arrive le Mozambique, qui détient l’une des plus importantes réserves en gaz naturel en Afrique subsaharienne, qui ne totalise que 50 points. Ce tableau est complété par l’Ouganda, le Nigéria, le Congo et l’Egypte qui occupe complètent les 10 premières places de ce classement.

Ce rapport indique en effet que dans de nombreux pays africains producteurs d’hydrocarbures et/ou de ressources minières, la gouvernance des secteurs extractifs est soumise à de nombreux défis. Pour réaliser ce rapport, l’Institut de gouvernance des ressources naturelles a mesuré la gestion de ces secteurs dans 81 pays qui produisent 82% de l’offre mondiale de pétrole, 78% de celle de gaz et 72% de cuivre. 

Au total, ce sont 89 évaluations qui ont été faites, puisque dans huit pays, les auteurs du rapport ont évalué tant le secteur des hydrocarbures que le secteur minier à partir de trois critères majeurs à savoir : la réalisation de la valeur, la gestion des revenus et les conditions générales de gouvernance d’un pays.

Le premier indicateur fait référence la gouvernance de l’attribution des droits d’extraction, la prospection, la production, la protection de l’environnement, le recouvrement des recettes et les entreprises publiques. Le deuxième prend en compte la budgétisation nationale, le partage infranational des revenus des ressources naturelles et les fonds souverains. Quant au dernier, il évalue les conditions générales de gouvernance d’un pays. A chaque niveau de l’indice, les notes sont attribuées sur 100.

Classement des pays africains selon leur indice de gouvernance des ressources pétrolières et gazières :

  1. Ghana
  2. Tunisie
  3. Côte d’ivoire
  4. Cameroun
  5. Tanzanie
  6. Mozambique
  7. Ouganda
  8. Nigéria
  9. Congo
  10. Egypte
  11. Gabon
  12. Angola
  13. Tchad
  14. Algérie
  15. Soudan du Sud
  16. RDC
  17. Guinée Equatoriale
  18. Soudan
  19. Libye