Cette charge fait suite à un problème mécanique survenu à la mi-décembre sur l’un de ses trois sites dans le pays.

Selon des sources proches du dossier, l’incident se serait produit dans la nuit du 15 au 16  décembre 2017 sur le site d’Onal, à 150 km environ au sud-est de Libreville. "Un joint aurait lâché au niveau d’une pompe de gavage qui est une pompe qui récupère le pétrole brut au niveau des séparateurs, lesquels sont des machines séparant l’eau, le gaz et le pétrole extraits des puits. C’est un problème d’ordre mécanique. Mais personne n’était là quand ça s’est produit".

"Des employés ont réalisé qu’il y avait un problème seulement trois heures plus tard environ, vers 3 h du matin. Ils ont arrêté la pompe, mais c’était trop tard : du brut s’était déjà écoulé, débordant du réceptacle qui se trouve sous la pompe. Ça s’est déversé dans les canalisations, qui conduisent habituellement les eaux de pluie jusqu’à la rivière située à côté".

Selon une autre personne travaillant sur le site, des employés font des rondes toutes les trois heures pour vérifier qu’il n’y a pas de problème. Il indique que le joint a lâché juste après la ronde de minuit, ce qui explique pourquoi le problème n’a été découvert que trois heures plus tard.

Contactée la presse, la direction de Maurel & Prom a confirmé cette version de l’incident. Elle estime que "80 à 90 m3 de brut se sont écoulés". Le lendemain de l’incident, des barrages ont été installés sur la rivière, pour empêcher le brut d’aller plus loin. Mais ils n’ont pas été très efficaces car beaucoup de pluie est tombée. Du coup, du pétrole s’est quand même retrouvé sur les berges et s’est déversé plus loin.

Dans un premier temps, des salariés de Maurel & Prom ont commencé à nettoyer les dégâts. Puis la société a embauché une vingtaine d’habitants d’Ezanga  pour continuer le travail. 

Selon l’entreprise, les habitants ne se seraient pas plaints jusqu’à présent. Elle n'a donc prévu aucun dédommagement financier pour pallier leurs difficultés actuelles. Elle assure que les activités de nettoyage seront achevées à la mi-février et qu’elle envisage plusieurs pistes pour éviter des problèmes similaires à l’avenir : augmenter la fréquence des rondes ou encore mettre en place d’autres systèmes de détection des problèmes mécaniques.

Fondée en 1831, cette société française est spécialisée dans l’extraction et la production d’hydrocarbures. Elle opère notamment en Afrique et est passée sous le contrôle de Pertamina, une société pétrolière publique indonésienne, l'an dernier.