Dans le protocole d’accord signé par les participants au dialogue politique organisé sous l’égide du président de la République, il est demandé au gouvernement de doter le Gabon d’une compagnie aérienne comme d’autres pays africains. Ils préconisent d’autres actions pour assurer le développement socio-économique du pays.

Vendredi 26 mai 2017, le président de la République, Ali Bongo Ondimba a reçu le rapport général des travaux du dialogue politique qui ont pris fin la veille au stade d’Angondjé à Libreville. Dans ce rapport, sont contenues les clauses du protocole d’accord signé entre les parties prenantes à ce dialogue dont la préparation et le déroulement auront duré environ sept mois. Et s’il est vrai que les représentants de la majorité présidentielle et de l’opposition à ces assises ont beaucoup parlé de politique, l’on relève, au regard de ce rapport général, qu’ils ont gardé une petite place aux questions de développement socio-économique.

L’une des recommandations fortes portant sur des questions économiques de ce protocole d’accord relève du domaine des transports, notamment le transport aérien. En son article 163, le protocole d’accord préconise en effet de « créer une compagnie aérienne nationale à l’instar de plusieurs pays africains ». Le Gabon est, avec la Centrafrique, le seul pays d’Afrique centrale à n’avoir pas de compagnie aérienne nationale. Et sur le plan continental, tous les autres pays de même niveau de développement que lui en ont une.

Cela fait une dizaine d’années que le Gabon n’a plus officiellement de compagnie aérienne nationale. La compagnie Air Gabon, créée en mai 1977, après que le Gabon se fut retiré du consortium Air Afrique en décembre 1976, a survécu pendant 30 ans. Elle a été fermée en mars 2006 pour cause de faillite, et le nouveau transporteur envisagé en tant que coentreprise avec Royal Air Maroc n’a jamais été mis sur pied.

Toujours dans le domaine des transports, les politiques gabonais entrevoient la modernisation du service de transport fluvial et maritime. Raison pour laquelle les actes du dialogue relèvent qu’il faut « renforcer les capacités opérationnelles de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII)".

Mesures économiques

S’agissant des mesures économiques et financières, également évoquées dans le chapitre réservé à la modernisation de la vie publique, les hommes politiques gabonais, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, demandent au gouvernement de « poursuivre la diversification de l’économie nationale, notamment par la promotion de l’agriculture, la pêche, l’exploitation forestière et le tourisme ». L’article 142 des actes du dialogue politique est suivi d’un autre qui demande que l’on réalise un audit du patrimoine de l’Etat, ce qui participerait, croient savoir certains observateurs, à améliorer la gouvernance.

Le développement des infrastructures routières était également au rendez-vous. Ils demandent au gouvernement de continuer la construction des routes inter-provinciales tout en assurant l’entretien des voiries urbaines. Il est également recommandé la poursuite de l’aménagement et l’entretien régulier des voies départementales et cantonales sur l’ensemble du territoire. Pour appuyer cela, le gouvernement devra « réactiver les subdivisions des Travaux publics dans les chefs-lieux des provinces ».

Des recommandations aux actes

Plusieurs autres recommandations, qui devront se muer en actes, ont été émises, notamment en ce qui concerne la formation et l’emploi, le service public de l’eau et de l’électricité, ainsi que la réforme de l’administration publique qui est perçue par une part non marginale de l’opinion comme un des grands freins au développement du pays. Le président de la République, Omar Bongo Ondimba a dit avoir pris acte de toutes ces prescriptions, et a fait la promesse de faire appliquer les résolutions issues des assises d’Angondjé. « Je peux affirmer avec le poète que les fruits passeront la promesse des fleurs », a-t-il affirmé.

Quoi qu’il en soit, et même si elles ne révèlent pas de manière précise comment y parvenir, les recommandations du dialogue pourraient guider le gouvernement dans son choix, en termes de priorités, au moment même où il engage la mise en œuvre du Plan de relance de l’économie (PRE).