D’après le président de la République gabonaise la plupart de ces mesures devraient être implémentées au cours du premier trimestre 2018 et devraient participer à raffermir la cohésion sociale dans le pays. 

S’adressant à ses compatriotes dans la soirée du 31 décembre 2017, dans le traditionnel discours de présentation des vœux à la Nation, le président de la République gabonaise leur a présenté un éventail de mesures socio-économiques qu’il entend implémenter via le gouvernement au cours de l’année 2018 qui vient de démarrer. 

Ali Bongo Odimba a ainsi décidé de créer un Fonds d’initiative départementale (FID) dans chacun des 50 départements que compte le Gabon. Ce fonds, qui sera crédité à hauteur d’un milliard FCFA par an, va permettre de financer des projets communautaires avec pour principal objectif d’améliorer la qualité de vie des populations et de dynamiser le développement économique local. 

Le président de la République a également annoncé des projets dans le secteur de l’énergie et l’eau. C’est ainsi qu’il a promis, pour les trois mois à venir, le démarrage d’un projet visant à installer à travers tout le pays 5 000 lampadaires solaires afin d’améliorer l’éclairage public dans les villes et campagnes du Gabon, mais surtout d’accentuer la sécurité des populations. 

Ali Bongo Ondimba annonce également la construction, toujours au premier trimestre 2018, de puits équipés de pompes à eau dans les 925 regroupements de villages recensés sur le territoire gabonais. Le projet, explique le président de la République, devrait permettre de lutter efficacement contre les pathologies liées à la consommation d’eau impropre et de garantir une certaine équité entre tous les Gabonais. 

Pour ce qui concerne l’emploi, le président Ali Bongo a pris une décision qui exonère les employeurs de charges sociales. « L’employeur bénéficiera de 50% d’exonération de charges sociales à la première embauche ; 75% à la deuxième embauche ; 100% à partir de la troisième embauche », a-t-il indiqué dans son discours. Cette mesure, explique-t-il, est temporaire et devrait permettre de créer 10 000 emplois supplémentaires dans tous les secteurs d’activités. 

Soulignons aussi que dans le cadre des investissements, le président de la République a annoncé un vaste plan de rénovation des écoles primaires sur tout le territoire national. Au total, 92 écoles de la capitale, Libreville, et 697 écoles dans les neuf provinces sont concernés. Par ailleurs, l’Etat va finaliser le programme de fourniture des tables-bancs démarré en 2016, en livrant 80 000 tables-bancs aux différents établissements scolaires, après les 90 000 premières tables-bancs livrées. Tout cela, soutient le président de la République, afin d’améliorer les conditions d’éducation des élèves. Et sur le plan économique, cela devrait permettre de refinancer les PME qui réaliseront les travaux.

Ces décisions interviennent dans un contexte économique difficile, avec une année 2017 marquée par d’énormes tensions de trésorerie. Pour certains gabonais qui ont suivi le discours du président de la République, ces promesses sont irréalisables, entendu qu’il sera difficile pour lui et son gouvernement de trouver l’argent nécessaire pour financer ces différents projets. Selon des spécialistes, cela devrait aller dans des dépenses d’au moins 200 milliards FCFA, compte tenu de la mercuriale appliquée dans le pays. 

Mais, au Palais du bord de mer, l’on est plutôt optimiste. « Toutes les annonces qui ont été faites vont s’exécuter sur un calendrier qui va aller du début de l’année 2018 à la fin de l’année 2018. C’est un calendrier précis, ce sont des annonces avec des exécutions à très court terme, des préoccupations urgentes et dont les dates sont connues », soutient le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi. D’après lui, ce n’est plus le moment de faire des projets qui ne verront pas le jour. « Les Gabonais ont des préoccupations concrètes et quotidiennes : l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé…Les Gabonais doivent retenir l’ambition du chef de l’Etat d’agir dans l’intérêt du plus grand nombre et d’agir maintenant », assure le porte-parole de la présidence de la République.

Dans tous les cas, instructions ont été données aux membres du gouvernement d’implémenter rapidement et sans délais les mesures annoncées par le président de la République pour avoir un impact immédiat. Après avoir annoncé qu’il s’agit d’un changement radical de gouvernance qui s’appuie lui-même sur un changement radical de méthode, le président Ali Bongo Ondimba y est allé sans gants pour demander à ses collaborateurs de se mettre au travail. « L’heure est au pragmatisme, l’heure est au concret. Et je ne tolèrerai plus aucun retard, ni obstacle dans la mise en œuvre de ces projets », a-t-il tonné.