Cette résolution arrange le Gabon, premier pool d’approvisionnement en thon de l’Union européenne, et grande victime de la pêche illicite de cette espèce.

Le Forum économique mondial – en anglais, World economic forum – a accouché d’une déclaration dénommée « Traçabilité Thon 2020 », qui a été présentée lundi 5 juin 2017, en ouverture de la première conférence sur les Océans, accomodée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Il s’agit d’un engagement pris par 48 grandes entreprises de pêche, détaillants et entreprises associées, d’empêcher le thon pêché illégalement d’être mis sur le marché. Cette préoccupation rejoint celle de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon cette organisation onusienne, environ le tiers du stock mondial de poisson, toutes espèces confondues, est victime de la surpêche. En général illégale, celle-ci représente chaque année pour les pêcheurs un manque à gagner d’environ 24 milliards de dollars, ou 26 millions de tonnes de poissons. La pêche illégale du thon, l’un des groupes de poissons les plus touchés, génère par ailleurs du travail forcé dans de nombreux pays.

L’état des stocks de thon, situé au sommet de la chaîne alimentaire, a un impact considérable sur la santé des océans. Cet engagement soutenu par l’Ocean Data Alliance, un rassemblement d’entreprises leaders dans leurs technologies respectives (informatique, satellites, entre autres), a pour but de créer des solutions en accès libre pour mettre à la disposition des signataires les données permettant de gérer les ressources des océans.

La déclaration supra-citée constitue inéluctablement une aubaine pour le Gabon. La politique avant-gardiste du Gabon dans ce domaine a d’ailleurs été saluée par les participants. Au début de cette année, le pays a décidé de créer neuf réserves marines. Selon Guy Rossatanga Rignault, le président du Comité technique du conseil national de la mer, la protection de ces neuf aires marines se fera avec un nouvel accord de pêche entre le Gabon et l’Union européenne.

Cette disposition, poursuit-il, traduit la mise en application d’un engagement pris en novembre 2014, à l’occasion du 6e Congrès mondial des parcs à Sydney (Australie), par le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, dans l’optique de préserver davantage l’écosystème du pays.

Pour rappel, les neuf parcs marins et réserves marines du Gabon représentent près de 23% de la Zone économique exclusive (ZEE) du Gabon. Quant à la production du thon, elle représente 15% de toute la production atlantique. Fort de ce potentiel, le Gabon constituerait le premier pool d’approvisionnement de l’Union européenne.