La décision a été prise par le Conseil national de la mer et vise à préserver les écosystèmes marins du pays, très riches en espèces halieutiques. Le même conseil a décidé de relancer les négociations afin de rééquilibrer l’accord avec l’Union européenne en matière de pêche maritime. 

Le comité stratégique du Conseil national de la mer, réuni mercredi 26 avril 2017 à Libreville sous la houlette du président de la République, a adopté le projet de décret portant création de neuf aires maritimes protégées (AMP) au Gabon. Les parcs marins et les réserves aquatiques ainsi créées visent, apprend-on, à assurer une gestion durable des écosystèmes marins du pays. Ils vont également permettre au Gabon d’accroitre son leadership en matière environnementale en respectant ses engagements internationaux.

« Ces aires protégées aquatiques qui se présentent sous la forme de parcs marins et réserves marines, traduisent la mise en application d’un engagement pris par le chef de l’Etat il y a quelques temps dans l’optique de préserver davantage notre écosystème », a déclaré, au sortir de cette réunion de haut vol, Pr. Guy Rossatanga Rignault, président dudit comité technique.

Lors du Congrès mondial des parcs nationaux tenu en Australie en 2014, Ali Bongo Ondimba avait annoncé l’intention du Gabon de mettre en réserve 23% de sa Zone économique exclusive (ZEE) comme parcs marins. Ces aires maritimes protégées viennent compléter un réseau d’aires protégées représentant plus de 25% de ses écosystèmes terrestres, composé de 13 parcs nationaux, 9 sites Ramsar et une série de réserves de faune et de chasse.

La décision prise par le gouvernement de créer des parcs marins est par ailleurs conforme aux recommandations des experts qui estiment que 20 à 30% des océans devraient être classés pour leur protection, afin d’optimiser la gestion durable des ressources marines à l’extérieur des parcs.

Négociations avec l’Union européenne

Le décret portant création des neuf aires marines protégées sera entériné au prochain conseil des ministres, indique les services de la Présidence. L’accord de partenariat de pêche entre le Gabon et l’Union européenne devra pour sa part encore attendre que les négociations soient relancées entre les deux parties. Le comité technique du Conseil national de la mer a en effet donné son quitus afin que soit ouvert le 4e round des négociations entre les deux parties sur cet accord vieux de 19 ans.

Cette fois, les discussions vont devoir prendre en compte les nouvelles orientations du Gabon en termes de gestion durable des ressources halieutiques. L’objectif visé par le gouvernement gabonais est d’obtenir un protocole d’accord « gagnant-gagnant ». Ce qui est loin d’être le cas pour l’instant.L’accord entre les deux parties prévoit qu’au moins 30% des thons en direction de l’Union européenne soit débarqué en terres gabonaises.

Cette clause n’est pas respectée sur le terrain, faisant perdre d’importantes ressources financières au pays. La partie européenne a toujours avancé l’argument selon lequel les infrastructures d’accueil au Gabon sont vétustes, pour respecter les clauses de cet accord. L’enjeu, en tout cas, est important pour le pays, dont la production de thon représente 15% de toute la production atlantique. Le pays est le premier spot d’approvisionnement de l’Union européenne.