Les opérateurs économiques qui ne respectent pas la réglementation en vigueur commencent à payer leur légèreté depuis la mise en œuvre du Plan de contrôle des activités forestières de la direction générale des Forêts.

Les entrepreneurs qui piétinent la réglementation gabonaise en matière d’exploitation forestière ne dorment plus sur leurs deux oreilles. Depuis quelques temps en effet, ils sont traqués par les agents de l’administration en charge de la gestion des forêts, qui les empêchent d’enfreindre la loi sans conséquences. Et les résultats sont de plus en plus perceptibles. 

Il y a quelques jours, la société chinoise Peng Xin opérant dans la province de la Ngounié a fait les frais de cette chasse à l’exploitation forestière illégale. Epinglée par une mission de contrôle mobile de la direction générale des Forêts (DGF) du ministère de la Forêt, de la mer et de l’environnement, elle a été sommée de verser au trésor public 200 millions FCFA. A ce jour, l’entreprise s’est déjà acquittée d’une première tranche de 100 millions FCFA. 

Parallèlement, a appris Gabon Economie, d’autres entreprises accusées d’exploitation forestière illicite ont été convoquées par les services de la DGF pour se justifier quant aux constats faits sur le terrain par les agents commis aux missions de contrôle. Si les accusations dont font l’objet ces entreprises sont avérées, elles seront elles-aussi sanctionnées en fonction de l’ampleur des délits. 

Sensibilisation et sanctions 

Ces actions rentrent dans le cadre du Plan de contrôle des activités forestières pour la période 2017-2018, mis en exécution depuis quelques temps par la DGF. Il a démarré dans les provinces de la Ngounié, du Moyen-Ogooué et de l’Estuaire. Ce déploiement a démarré il y a un mois avec l’inauguration, par le Premier ministre Issoze Ngondet le 26 juillet dernier, de la Brigade de contrôles des produits forestiers de Ntoum (Estuaire). Et l’on annonce la construction très prochaine d’une brigade à Lalara (province du Woleu-Ntem) ainsi que la réhabilitation de la Brigade des Lacs du Sud dans la province du Moyen-Ogooué. Objectif affiché : impulser la bonne gouvernance dans le secteur forestier au Gabon. 

D’après Simplice Nteme, directeur général des Forêts, « notre objectif de contrôle est d’évaluer le niveau d’application de la loi en vigueur. Lorsqu’on constate des dérives, nous sanctionnons. Ces sanctions vont de l’amende au retrait du permis d’exploitation, en fonction de la gravité des faits. L’on peut même parfois arriver à des peines privatives de liberté, après un procès, lorsque l’opérateur incriminé refuse d’exécuter les sanctions qu’on lui inflige ». 

Mais, il souligne par ailleurs que le travail des agents du ministère de la Forêt n’est pas que répressif. Avant ces missions de contrôle, des ateliers ont été organisés à Oyem (province du Woleu-Ntem) et à Makoukou (Ogooué-Ivindo), deux grandes zones d’exploitation forestière, pour sensibiliser les opérateurs économiques sur la nécessité de respecter la réglementation forestière gabonaise en vigueur. Les missions de contrôle assurent également cette sensibilisation, en cas d’infractions extrêmement mineures, afin que les fautifs reviennent à la raison.

S’agissant spécifiquement des exploitants chinois, très nombreux dans le secteur et le plus souvent accusées de déborder les limites de la loi, l’administration gabonaise s’est même associée à l’administration forestière chinoise pour traduire le Code forestier gabonais en mandarin afin qu’ils interprètent bien la réglementation. Un travail a également été fait avec l’aide de WWF pour les sensibiliser sur le fait que, comme tous les autres opérateurs, ils sont tenus de respecter les cahiers de charges des autorisations d’exploitation qui leur sont accordées. 

Moyens 

Dans tous les cas, Simplice Nteme, qui est à la tête de la DGF depuis deux mois, compte bien continuer sur la voie engagée. Une détermination qui sera sans doute aidée par le renforcement des moyens mis à la disposition de cette administration pour faire son travail. « Nous avons des hommes bien formées avec qui nous travaillons au quotidien pour faire respecter la loi gabonaise en matière d’exploitation forestière », se satisfait-il déjà. 

Conjointement, la DGF a bénéficié d’un appui budgétaire à travers le Projet d’aménagement forestier afin de mieux suivre les prescriptions contenues dans ce plan et d’atteindre les objectifs fixés. Par ailleurs, cette direction va travailler, grâce à l’appui de la coopération japonaise, avec l’Agence gabonaise d’études et d’observation spatiale qui va lui fournir des images aériennes (par satellites ou drones) en vue de renforcer la surveillance des zones forestières. 

Rappelons que le Plan de contrôle des activités forestières pour la période 2017-2018, élaboré par la direction générale des Forêts pour le compte du ministère de la Forêt, de la mer et de l’environnement, est un document de prospective et de planification des différentes actions prioritaires à mener à l’intérieur et à la périphérie des concessions forestières afin de contrôler et vérifier, in situ, le respect par les opérateurs économiques de la réglementation forestière du Gabon. Il prévoit, entre autres, la mise en place des brigades de contrôle des produits forestiers sur certains points stratégiques du pays pour renforcer les capacités opérationnelles des services déconcentrés existants.