Dans un communiqué daté du 22 mai, la ministre de l’Economie forestière dément un complot contre les opérateurs économiques asiatiques et recadre les missions du Contrat d’aménagement forestier. 

Suite à l’interpellation des exploitants forestiers chinois à Mokokou dont deux directeurs généraux d’entreprises installées dans la zone économique à régime privilégiée de Nkok en début du mois de mai, la ministre de l’Economie forestière, Estelle Ondo, a fait une mise au point dans laquelle elle recadre les missions du Contrat d’aménagement forestier (CAF) et rassure les opérateurs économiques asiatiques en général et chinois en particulier. D’après elle, le projet CAF a été autorisé à « déclencher des missions inopinées de contrôle et de police forestière sur l’étendue du territoire ».

Cette mission, initiée le 13 avril 2017 avait pour objet, d’identifier les opérateurs forestiers effectivement en activité, de mesurer les retombées sociales de ces activités conformément au cahier des charges contractuelles et de réaliser l’état annuel de l’assiette des coupes. « Dans une approche contraire à la déontologie administrative, les premiers résultats de l’étape de l’Ogooué-Ivindo ont été publiés sur les réseaux sociaux et sur internet, créant ainsi une confusion sur les résultats attendus de ladite mission », s’insurge la ministre dans son communiqué.

Selon Estelle Ondo, l’attitude des équipes envoyées sur le terrain est coupable de divulgation des éléments d’une mission sans que l’autorité qui a instruit la mission ne se prononce sur les sanctions ou transige sur les amendes transactionnelles à infliger aux contrevenants. C’est donc en conséquence de ce dérapage et d’autres que la mission a été suspendue le 28 avril.

« Les autres manquements portent sur le défaut de participation des services techniques du ministère qui n’ont jamais renoncé à leur prérogative en matière de police forestière, la mauvaise appréciation de plusieurs infractions notamment les diamètres minimum d’exploitabilité (DME) ou encore les cubages, l’usage de la liste rouge de l’Union internationale de la conservation de la nature comme base d’essences interdites alors que n’étant pas encore internalisée », souligne-t-elle.

C’est fort de tout cela que la ministre de l’Economie forestière a d’abord tenu à rassurer les exploitants forestiers chinois sur l’engagement du gouvernement à maintenir son soutien sur l’accompagnement des activités de transformation. « L’administration forestière rassure les opérateurs économiques aux capitaux asiatiques de la filière bois qu’elle s’est engagée dans leurs activités d’exploitation et de transformation de bois conformément au code forestier en vigueur », précise-telle.

En raison de la confusion entretenue au sujet de cette mission, le ministère de l’Economie forestière rassure les hommes d’affaires chinois opérant au Gabon à travers le Syndicat des industriels asiatiques au Gabon (SIAG) que ces missions de contrôle ne sont pas à tête chercheuse.

« Le SIAG est un partenaire social dont les intérêts bien compris de leurs membres ne sont nullement en conflit avec l’impératif de gestion durable des ressources naturelles, c’est-à -dire préserver leur biodiversité biologique, assurer leur productivité, garantir leur faculté de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire de manière pérenne leurs fonctions économiques, écologiques et sociales pour le bien des Gabonais », tranche la ministre de l'Economie forestière.