Les ministres en charge des forêts et de l’environnement de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) se sont retrouvés, le 15 mars 2018, à Brazzaville, pour tenter d’harmoniser leurs visions sur la recherche des financements et la mise en œuvre de l’engagement de Bonn.    

Lancée le 15 mars, la session extraordinaire du conseil des ministres de la Comifac se veut être une rencontre ultime dans la mobilisation des partenaires techniques et financiers, ainsi que de l’engagement des Etats à luttter contre la dégradation des écosystèmes forestiers. « Mobilisons les ressources pour la mise en œuvre de nos engagements au défi de Bonn », c'est le thème de la table ronde ministérielle ayant réuni dans la journée les politiques, les experts et les principaux partenaires, tels que l’Union européenne, le Royaume de Belgique, la Coopération allemande GIZ, l’agence japonaise JICA, le projet régional Redd+, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, l’ONG mondiale IUCN, le Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo, le Fonds pour l’environnement mondial.

Deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, avec ses deux cent cinquante-un millions d'hectares et plus de trois milles espèces, le Bassin du Congo est essentiel pour la qualité de l’air et l’équilibre climatique de la terre. Cependant, cette immense richesse naturelle recule à cause des activités humaines incontrôlées. Depuis une décennie, le taux annuel de déforestation a atteint 0,4%, soit 800 000 hectares de forêts détruits chaque année. Malgré cette menace, les ministres invitent à ne pas perdre espoir. « Les forêts du Bassin du Congo doivent être considérées comme une opportunité dans la réponse politique appropriée à apporter à la diversification de nos économies et à la problématique des changements climatiques. », ont- il déclaré, insistant sur le paiement pour les services environnementaux.

À travers la Comifac, les pays de la région se sont alors engagés à restaurer le paysage forestier détérioré. Les financements attendus, grâce aux contributions des Etats et à l’appui des partenaires cités ci-haut, permettront de réaliser les opérations de planting au sein des pays ; de lutter contre la déforestation et le braconnage ; d’élaborer et d’appliquer le guide sous-régional de surveillance des forêts et de protection des aires protégées frontalières. Quelques partenaires qui ont pu prendre la parole n’ont pas été pour autant précis ni sur les modalités de leurs interventions, ni sur le montant d’aide à apporter. Pourtant, depuis septembre 2011, à Bonn, en Allemagne, toutes les bases avaient été posées surtout en matière de mobilisation des ressources financières.

« L’un des objectifs opérationnels de cet engagement est d’inverser la tendance de la dégradation des forêts et des terres, en augmentant de 25% la superficie des terres reboisées et/ou dégradées d’ici à 2025 dans tous les pays membres. », indiquait, le secrétaire exécutif de la Comifac, Raymond Ndomba Ngoye, lors de l’ouverture de la réunion des experts. Enfin, outre l’épineuse question de financement, la session extraordinaire du conseil des ministres devrait également se prononcer sur la difficulté que traverse la Comifac, la présentation de la nouvelle facilitation du Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo, et surtout sur la préparation du troisième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation.