Un atelier ouvert par le ministre de l'Agriculture va permettre d'élaborer un plan d’action national, en phase avec l’Initiative de développement durable du palmier à huile en Afrique, conduite par l’Alliance des forêts tropicales 2020 (TFA 2020). 

Depuis quelques années déjà, le Gabon, à travers le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) a mis en place un programme ambitieux d’investissements publics massifs et des partenariats stratégiques tels que celui avec Olam International. Les objectifs sont d’emblaver au minimum 120 000 hectares de palmier à huile pour une production de 489 600 tonnes d’huile de palme (soit un taux de rendement moyen de 4 tonnes à l’hectare). Le projet envisage des revenus d’un peu plus de 169,859 milliards FCFA, tout en créant environ 13 000 emplois dans le pays. 

Bien évidemment, ces ambitions sont liées à des défis. Et c’est à ce niveau qu’intervient la problématique de « la conversion rationnelle des forêts qui impose un juste équilibre entre la déforestation, aux fins de développement agricole et la conservation des écosystèmes forestiers naturels dont notre pays est doté », souligne Yves Fernand Manfoumbi, ministre de l’Agriculture, chargé de la mise en œuvre du programme Graine. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le pays, après s’être engagé dans l’élaboration du Plan national d’affectation des terres (PNAT), a adhéré en novembre 2016 à l’Initiative de développement durable du palmier à huile en Afrique, conduite par l’Alliance des forêts tropicales 2020 (TFA 2020). 

Modèle de développement 

Cette initiative « vise à élaborer un cadre qui tient compte des programmes ambitieux de développement des pays africains, en considérant à la fois les objectifs environnementaux en matière de déforestation, d’affectation des terres et de gaz à effet de serre, ainsi que des indicateurs sociaux comme le régime foncier et les droits des communautés locales », explique Marthe Mapangou, directeur national du WorldWide Fund for nature (WWF) au Gabon. 

Mardi 12 septembre 2017, s’est ouvert à Libreville un atelier national sur ladite initiative. Organisé sous l’égide du ministère de l’Agriculture, de l’élevage, chargé du programme Graine, avec l’appui technique de WWF et Proforest, cet atelier vise globalement à renforcer la compréhension et l’engagement des parties prenantes du secteur agricole, et à créer un large consensus sur les lignes directrices devant régir la production responsable et durable de l’huile de palme au Gabon. 

Le sujet revêt une attention particulière. Si le secteur de l’huile de palme est en pleine expansion dans le pays, il faut relever avec le ministre Yves Fernand Manfoumbi que « le président de la République veut faire un modèle de développement, qui intègre le bien-être humain, l’équité sociale, la conservation environnementale, pour une croissance durable ». La problématique est de savoir comment développer et industrialiser le pays – notamment son agriculture – tout en respectant les principes du développement durable. 

Production responsable

D’où l’importance des travaux de cet atelier, qui devraient en effet permettre aux d’avoir une meilleure compréhension de la production responsable de cette denrée. Il est aussi question de partager les informations sur le cadre national et les politiques existantes relatives à la production de l’huile de palme. Ensuite, les 70 participants vont élaborer et adopter les principes nationaux pour la production responsable de l’huile de palme dans le pays. L’atelier va se clôturer mercredi 13 septembre par la définition d’un plan d’action national pour la mise en œuvre desdits principes.  

En rappel, l’Initiative de développement durable de l’huile de palme en Afrique, première du genre, regroupe déjà 10 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Elle est implémentée dans chacun de ces pays en trois phases : engagement ; développement et implémentation des principes ; et enfin, mise en œuvre du plan d’action national », explique Nadia Woodman, responsable des projets à Proforest. Certains pays comme le Ghana et la Côte d’Ivoire ont déjà franchi ces étapes. Le Gabon est sur la même lancée…